vendredi 12 novembre 2010

George Ayittey: Guépards contre Hippos

George Ayittey on Cheetahs vs. Hippos | Video on TED.com

Pour illustrer ce que je dis plus bas, voici une conférence que j'ai traduite de l'anglais pour TED.com donnée par un économiste Ghanéen (cliquez sur le nom ci-après pour voir la vidéo) Dr George Ayittey sur une vision africaine dynamique de l'économie en voie de développement. Il y fait un sort aux classes dirigeantes, les hippos, qui ont inhibé le développement de l'Afrique.


J'en parle aujourd'hui tout d'abord parce qu'il nous invite à regarder l'Afrique non pas comme l'éternel parent pauvre qu'il faudrait aider mais comme un continent riche qu'il faudrait laisser reprendre son souffle et se développer selon sa propre dynamique, s'appuyant sur une nouvelle génération d'entrepreneurs: les guépards. Il n'a cure de notre repentance, il y a mieux !

J'ai voulu le traduire et maintenant le faire connaître parce qu'il pourrait bien avoir des choses à nous apprendre à nous aussi. Il nous fait savoir que les gouvernements corrompus et autoritaires sont aux antipodes de la tradition politique et communautaire africaine. Il évoque le concept "d'Ubuntu: j'existe non parce que je suis mais parce que nous sommes". Et là, les sociétés européennes qui vont être durablement remodelées par la "crise" mais qui disposent elles-aussi de traditions anciennes dont elles se sont éloignées, devraient écouter et comprendre ce qui se passe au Sud pour s'en inspirer en retour.

2 commentaires:

Colargol a dit…

"Delenda Carthago Est"(“Il faut détruire Carthage”) c’est d’abord une phrase, une parole politique, un énoncé performatif qui a conduit à une bataille historique, perdue il y a longtemps par les
descendants d’Hannibal.“Il faut détruire Carthage” c’est aussi une expression – on la trouve dans les pages roses du dictionnaire – là, elle n’évoque plus la guerre mais l’acharnement.
Carthage était une riche contrée fondée par les Phéniciens très convoîtée et dont la prospérité insolente provoqua à Rome une volonté obsessionnelle de destruction et l'objet de la troisième guerre Punique vers 150 avant JC.
Carthage autrement dit Tunis fait encore parler d'elle aujourd'hui dans la mesure où les événements actuels prennent à nouveau une tournure symbolique.

L'avenir de l'Afrique toute entière tient peut-être dans ce symbole , celui d'un peuple autrefois prospère, qui a dit NON, trop c'est trop. Lorsque les moindres richesses d'un pays sont confisquées par un sombre despote parmi tant d'autres en Afrique, lorsque la mobilisation de ce même peuple parvient en moins d'un mois de venir à bout(du moins c'est à espérer) d'une dictature oubliée ou volontairement négligée par de non moins sombres motivations et qu'une révolution se fait sous nos yeux avec un nombre limité de victimes ( 70 c'est du jamais vu ) alors il ne faut pas désespérer de l'avenir de la démocratie, même si " quelle époque épique ...." au même moment, en Haïti, un ancien dictateur revient sur les lieux de son crime pour se faire inculper ? ( acceptons en l'augure...) tandis que la démocratie Haïtienne renaissante de ses décombres tente désespérément de survivre, quand celle de Côte d'Ivoire est sous tente à oxygène, un monde nouveau serait il entrain d'émerger ?... j'ai tellement envie de le croire. Mobilisons nous, soufflons et maintenons rougeoyantes les braises moribondes du feu de la liberté.
Pardonnez moi ce lyrisme impromptu mais l'heure est grave. Gardons notre capacité d'indignation face à l'inacceptable, comme nous le rappelle en ce moment Stéphane Hessel,notre "Delenda est Carthago" c'est la dictature quel que soit le régime politique qui lui a permis d'exister toutes les fois que l'abattement et la résignation des peuples a prévalu.
On gouverne avec des symboles, il faut peu de choses pour que tout bascule,que le rapport de forces et que le système s'inverse. Nous en avons eu encore une fois la démonstration encore fragile certes, mais flagrante.

Encourageons toutes les fois que c'est possible, pacifiquement le refus de l'arbitraire, de la pensée unique qui peu a peu gagne du terrain, la tentation de renoncer à la Démocratie qui semble avoir atteint aujourd'hui ses limites.
N'oublions pas qu'elle est peut-être le pire des régimes, mis à part tous les autres.Il nous appartient, plus que jamais, toutes affaires politiques cessantes, chaque jour de la réinventer.

Didmax a dit…

Tu vas plus loin que ce que dit le Pr Ayittey mon cher Colargol mais il faut reconnaître que tu avais vu juste à la lumière de ce qui c'est passé depuis !!!