samedi 1 octobre 2011

Kate Hartman: interfaces, art et humour

Hi everybody,

This is my first article in English to welcome a few international guests … You'll find the French version just below (and slightly different !).

Here is the TED video (don't forget to select the subtitles at the bottom of the screen, they will be on line very soon, I am told):

This talk raises a bit of a controversy. Although the subject is totally different, it reminds me of Edward Tenner on «unexpected consequences ». I have just finished the translation of Kate's talk subtitles in French just the way I finished those of Mr Tenner a couple of weeks ago and much in the same way, I suddenly discover criticisms on the TED forum. Criticisms are fine to me but I'd like to share with you my personal experience with this talk. At first, like some of you, I was not impressed. Then after finishing the translation, I slowly realized the importance of kate's message.

I first viewed her creations as funny ways to attract attention. Not art really, not science for sure. Just humour at best. Then, going through the text and symbols one by one, I realized that Kate is a fantastic educationalist. The very reactions about her talk are in themselves an evidence of what she is saying. I am no serious judge about Art but I suddenly understood how deep her message ran about « LISTENING » and how this might shape our personal and collective future...

Let's quickly review a few things that this talk brings to mind:
  1. About TED. Remember that TED is not Youtube. All talks are recorded live and are part of an event with its own dynamic. Refrain from viewing a TED talk as a plain lecture. It is not. It's a performance. Hence, some talks are serious and technical, most carry emotions and some are humorous or strange. This one is all of that … and subtle. But there is more in Kate's case.

  2. About humour. What are we laughing or smiling at ? Kate's quirky hats ? No, as always when looking in the mirror of humorists, we actually mock ourselves ! One can either listen to a boring lecture by an old professor about why our world goes astray especially with our young traders and execs lodded with smartphones and apps … and somehow loosing the sense of reality … Or one can simply laugh at Kate's provocations and understatements …
  1. About teaching. Kate does not cheat. She tells us that she teaches some kind sophisticated « interfaces » for geeks who try to communicate with the physical world (physical computing, hard to translate by the way !). A talk like this one is possibly a sort of secondary or even tertiary interface for Kate (just guessing). I lecture and sometimes organize talks. I do realize that conveying such a message to an audience of that caliber at her age must represent some kind of a challenge. And in spite of some rapid judgements some people are making, her message is highly effective !
  1. About interfaces. Designing interfaces or inspiring them is surely no little task. Think of the work done from our green screens some time ago to the devices we have in our pockets today. These devices tend to shape our lives nowadays … But to what avail if we don't not how to relate … ? The subject of this talk is not a minor one.
  1. About Art. Kate is an artist too. Some people seem to have a different view of what Art might be. Same old problem. What is Art ? What amount of interpretation does the very concept of Art embodies ? These hats may not be deemed « beautiful » or « artistic ». But listen to the story they tell, our story ...Well, I think her pedagogic performance with them is truly artistic ! French philosopher Luc Ferry recently emphasised the major role played in 19th century Paris by the marginal poets and artists (« la Boheme movement») inspiring, provoking and transforming our old traditional « bourgeois » society. Our bourgeois class refused Boheme Art of course but finally adopted the underlying innovative caracteristics of their new taste and life style that ultimately produced our consumer society … for good and bad ! Ferry has it that those marginals in Paris, London and the big cities of that time started a revolution much more effectively than another marginal of that period named K. Marx !
  1. About scammers. Yes some would-be artists are scammers. But also remember that most artists of all times were at first ignored and often persecuted. I would be cautious here and the term "scam" does not, at any rate, apply to Kate Hartman's work.
Why should we bother ?

Kate, to me, is totally congruent. She simultaneously offers us the opportunity to see, ear, feel, and understand a simple but central message: how do we relate … ? She implies that we run the risk of loosing, individually, collectively and as a Society, our essential connections to ourselves, to others and our environnment. And she conveys her message with a big smile ! That, to me, is a piece of Art that no teacher, no parent and no business leader should choose to ignore.

Here is Kate's blog.

Voici maintenant l'article en français que j'avais préparé initialement, les bilingues verront que le sens général est ... en fait le même ! Je viens de traduire les sous-titres de cette vidéo en français pour TED.com. Visionnez-la et dites-moi ce que vous en pensez.

Quoi que très différente, cette courte conférence me rappelle un peu celle d'Edward Tenner sur les conséquences inattendues de l'innovation. En traduisant Kate Hartman, je me suis pris à l'apprécier énormément alors que de prime abord, j'étais un peu déçu. Mais étant engagé vis à vis de TED, j'ai donc prêté l'oreille … or c'est de cela dont nous parle Kate ici: de prêter l'oreille (y compris au sens propre). Et comme avec E. Tenner, j'ai découvert des tas de choses que les critiques sur le forum de TED ne semblent pas tous percevoir.

  1. TED: tout d'abord, un événement TED n'est pas forcément une série de conférences sérieuses. Celle-ci est drôle. Pas dans la forme seulement, vous savez le petit mot qui fait sourire. Non, drôle dans sa conception. On va bien au théâtre écouter des humoristes ...
  2. Kate nous fait rire et comme chez les humoristes, de quoi rions-nous ? De ces chapeaux bizarres ou de nous-mêmes ? On peut faire une conférence barbante quand on est un vieux barbon pour expliquer que notre monde va de travers parce que nous sommes tous, les jeunes surtout, l'oreille collée à son téléphone ou les pouces sur le clavier de son smartphone. Ou l'on peut décider d'en rire et de faire rire.
  3. Kate ne nous prend pas en traître, elle nous l'a dit elle enseigne. Qu'est-ce qui est le plus efficace pédagogiquement une longue conférence triste ou ce show rigolo ?
  4. Kate est designer en interfaces … cela ne vous parle pas mais j'imagine que l'on trouve derrière ses travaux des applications du genre de ce qui fait l'originalité de nos joujoux technos d'aujourd'hui: depuis l'interface objet qui a remplacé l'écran vert de nos premiers Pcs jusqu'aux écrans tactiles et autres centrales d'inertie qui rendent possibles les Iphones et autre consoles WII …
  5. Kate est artiste aussi. Il en est pour écrire dans le forum de TED qu'il ne faut pas confondre le vrai Art avec ce « foutage de gueule ». Je vous renvoie à la très intéressante conférence de Luc Ferry «Philosophie du temps présent» qui nous parle du Paris du 19ième qui a vu les artistes «bohèmes» et les cercles anarco-fumistes, sous couvert de pensée révolutionnaire, tout d'abord remettre en cause le monde bourgeois statique traditionnel plus sûrement que Marx puis lancer l'habitude de désobéir mais aussi celle d'innover puis de consommer et de changer de nouveau créant pour le meilleur et pour le pire … notre monde de consommation qui se cherche désormais une fin honorable.
  6. Kate est une artiste dit-elle. Certains en doutent. Se souviennent-ils que le partage entre le bien et le  mal en cette matière désigne plutôt la ligne de partage entre sensibles et endormis. Qu'a-t-on dit des surréalistes, de Cocteau, de Picasso, de Vian et même de Baudelaire ou de Michelange à leurs débuts ? Les poètes sont toujours en avance et l'on oublie toujours les escrocs qui les imitent. Simplement, la poésie est peut-être maintenant à la fois dans l'Art « éphémère » plutôt que dans les musées et dans le design des futurs objets du quotidien.
En quoi cela nous concerne-t-il ?

Eh bien, certains disent qu'ils ont perdu leur temps à écouter Kate. Moi, je la trouve bien gentiment espiègle et bigrement plus subtile qu'il y paraît. Libre à ceux qui ne veulent pas s'ouvrir à son message d'y voir une arnaque intellectuelle. Il y a bien pire, un jour je donnerai des noms !

Tout au contraire, Kate est un monstre de congruence pédagogique qui nous donne simultanément à voir, à sentir et à comprendre (quand on veut bien) les risques que nous courons individuellement de mal nous écouter nous-mêmes, de mal nous entendre collectivement et « sociétalement » de ne toujours pas nous ouvrir aux messages de notre environnement. En tant que prof, parent ou responsable, il y a là des leçons à prendre … sans se prendre au sérieux.

Conclusion générale:

Notre société n'a plus de temps à perdre. Ce sont désormais directement les acteurs de l'avant-garde qui, comme Kate, conçoivent les objets technologiques de notre futur quotidien. Mettons nos montres à l'heure, la transformation est déjà largement commencée !

3 commentaires:

actionive a dit…

Je trouve que c'est une occasion amusante pour remettre en cause notre communication. Merci pour ce sujet plein d'humour.

Hanashi a dit…

I have to say I felt exactly the same as you did when you first saw the talk and found it funny but probably no more and then got the real underlying message. Maybe this is also because I usually first read the article and then watch the talk. I'll try the other way around to check this.

Second, I definitely think Kate is somewhat of an artist, having the (fresh) look she has on communication and relationships particularly. Isn't art about seeing and thinking things differently, and then trying to make this difference concrete for other people to perceive and think about it? If we agree on this last point, Kate is even more congruent in the sense that art is also about listening and communicating...

Didmax a dit…

Indeed !