dimanche 17 février 2013

Loi de Godwin, vers des relations humaines tolérantes et fermes

Mike Godwin, source wikimedia
Connaissez-vous la loi de Godwin ? J'ai découvert cette loi tout récemment. En voici une illustration personnelle qui ouvre aussi une opportunité.

Une petite tentative de manipulation ordinaire vécue

La semaine dernière, un inconnu m'aborde sur un réseau social (LinkedIn) pour me faire participer à une réunion. Les détails des multiples messages dont il me bombarde ensuite ne cadrent pas. Le stratagème habituel que vous connaissez peut-être sous le nom de "pied dans la porte" (expression commune appliquée au domaine commercial et qu'ont approfondie les psychologues sociaux Joules et Beauvois, voir: Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens) est évident. Je creuse un peu avec l'idée de décliner le rendez-vous. Je reçois en retour des bordées de messages injurieux et menaçants et finalement, je me retrouve traité d'ignorant intolérant et raciste et à deux reprises assimilé, entre autres, à un "nazi". Stop, ça y est j'ai décroché la timbale !

La loi de Godwin

Juste un mauvais plaisant à oublier bien vite pensez-vous comme plusieurs de mes amis (mais qu'allais-je donc faire dans cette galère !). Sans doute. Pourtant, je voudrais maintenant partager la petite découverte que j'ai faite grâce à ce fâcheux. Cette injure, "nazi", nous la rencontrons dans certains mauvais débats et bien plus encore sur les forums internet. Mike Godwin, administrateur de la fondation wikimedia, en a tiré une loi. Celle-ci dit que, dans les échanges internet, plus ceux-ci durent, plus la probabilité est forte que celui des deux qui se trouve impuissant à faire valoir son point de vue traite l'autre de "nazi".  En voici un résumé illustré:


Ouf, je ne suis donc pas seul au monde ! Et cela a dû vous arriver aussi. C'est trivial, il suffit de ne pas répondre, pourquoi s'en soucier ainsi ?

En quoi sommes-nous concernés par la loi de Godwin, au delà du spam ?   

Source: goodreads.com
La loi de Godwin me rappelle cette citation d'Asimov (auteur de romans de Science Fiction, de entre autres, Le cycle de Fondation, I : Fondation , "I Robot"... photo à gauche):

"la violence est le dernier refuge de l'incompétence". 

Le plus intolérant, rencontrant son incapacité à communiquer, veut faire taire l'autre par l'exercice d'un pouvoir de coercition quelconque: la force, l'autorité ou ... au nom-même de la tolérance, de la démocratie et du droit. Sur le net, à la télé, en classe, au bureau, en famille ... très classique !

L'intéressant, c'est que le phénomène est rendu plus aisé à observer par la facilité à entrer en contact que permet le net et par le sentiment d'impunité qu'il procure. Dans la "vraie" vie au contraire, la présence physique est un rappel subtil que la violence physique sous-jacente peut éclater à tout moment ce qui plaide le plus souvent heureusement, en société, pour la politesse et la modération.  Du coup, diverses couches d'insincérité nous masquent le phénomène.

Apprendre !

Il importe de se prémunir des fâcheux et des escrocs du net en filtrant les messages entrants et en coupant court quand le filtre est franchi. Bien sûr. Or, il ne s'agit pas seulement d'une violence nouvelle et bénigne à classer dans les inconvénients des nouvelles technologies. Et s'il s'agissait d'une expression simplement désinhibée par le net, d'un fonctionnement humain naturel ? L'écart entre cette violence-là et les autres, ne serait pas une question de nature mais de degré !

Nous pouvons décider de nous en isoler. Nous pouvons aussi choisir de voir cette évolution comme une opportunité d'observation privilégiée et gratuite nous permettant de développer des comportements réellement tolérants ET fermes. (Nous verrons lesquels au prochain article).

1 commentaire:

Christine Marsan a dit…

Merci pour cet article lumineux.
Cela prouve aussi le besoin de chacun de surenchérir et nous ne sommes plus dans le dialogue au service de ce dont on parle mais dans le besoin de l'ego de surenchérir : ce fameux besoin d'exister, souvent au détriment d'autrui.
Ce que j'ai fait sur mon mur FaceBook notamment c'est d'écrire en privé à la personne en lui demandant d'aborder des propos plus modérés et conciliants et souvent ça marche... enfin pour moi.
La question qui peut se poser aussi : c'est comment et pourquoi répondons-nous lorsque notre intuition nous renseigne sur le fait que ce n'est pas une bonne idée....
On peut également reformuler l'intention de la personne et/oui lui demander de clarifier son intention au travers de son invitation...