mardi 10 septembre 2013

La souveraineté du jury

Suite de notre dernier article. Des parents protestaient contre les notes partiales de toute une classe d'un lycée privé d'Agen au bac de français. Ils étaient reçus par le recteur le jour même (le 29 Août), je parlais de ce fait divers car il me semblait que pour une fois, à part la grande presse, tout le monde avait bien réagi.

Rappelons-nous qu'il y avait dans cette affaire un soupçon de partialité sur le jury qui avait demandé aux élèves de quel lycée ils venaient. Il aurait bien pu vouloir régler de vieux comptes entre privé et public, vieille passion triste à la française. Et de fait, les notes étaient toutes nettement inférieures aux attentes ce qui ne s'observait dans aucun autre groupe-classe comparable. Le résultat est tombé, "administrativement" on ne peut rien faire. Les notes suspectes ne changeront pas. Mais le recteur précise que si certains élèves sont un peu "justes" pour avoir leur bac ou une mention, on leur ajoutera quelques points... Un jugement de Salomon ... qui pousse la poussière sous le tapis.

Au fond, tout reste bien sobre et bien mesuré. Parents et élèves apprennent à composer avec la toute puissance des représentants de la République et s'il le faut, on saura arranger le coup le cas échéant .. Mouais ... les apparences sont sauves et tout le monde apprend à vivre avec un système arbitraire et qui n'a pas dans ses gènes la capacité à apprendre de ses erreurs. Pourquoi voudrait-on réformer la perfection ?

L'histoire ne dit donc rien en effet sur ce que le "process" républicain aura pu "apprendre" sur lui-même de cet incident et l'on peut douter que l'on aura à cœur "en interne" d'élucider le problème sous-jacent. Je regrette que le journal Sud Ouest qui est, semble-t-il, le seul à rendre compte de l'affaire, n'évoque même plus le fait générateur de ce qui est peut-être un abus de pouvoir (avec en arrière plan des querelles pubic/privé)... Comme si une telle éventualité n'était même pas envisageable.

Nous verrons dans un prochain article que nous avons ici un exemple d'un fonctionnement que l'on retrouve à des niveaux beaucoup plus élevés de l'Etat et que les mêmes causes produisent les mêmes effets ...c'est à dire aucun effet ! Il me semble que ces parents et ces enfants-là, comme nous tous, devrions être plus exigeants sur la qualité et l'impartialité des décisions de notre fonction publique dont la réforme en profondeur semble partout moins que jamais à l'ordre du jour. A suivre.

jeudi 29 août 2013

L'Ecole, la Presse et les passions françaises

En cette veille de rentrée, voici une petite réflexion suite à une nouvelle de ce mois d'Août. Un parent d'élève a rendez-vous ce soir avec le recteur de son académie (Bordeaux) pour évoquer le cas de sa fille et de ses 20 camarades de classe injustement notés, selon lui, au bac français de juin.

Le scoop
Crédit photo: Sud Ouest, T-DV
6/20 en moyenne (de 2 à 10/20) pour la section littéraire passée en totalité devant un jury qui a, à chaque fois, insisté pour connaître le nom de leur lycée, Saint Caprais ci-contre, un lycée privé d'Agen. Pendant le même temps, la section scientifique du même lycée passait devant un autre jury qui ne posait pas cette question et obtenait des notes correctes et conformes aux notes nationales habituelles. Vous trouverez plus de détail de l'affaire dans Sud Ouest.

L'interview bâclée
Bon, sans doute pas terrible comme scoop. En fait, je n'étais pas informé de ce "fait divers" et bien qu'ayant une fille qui a passé cette épreuve-là en Juin, je n'étais pas spécialement intéressé par le sujet jusqu'à ce matin. J'ai, en effet, entendu l'interview du parent d'élève qui a pris la tête de ce que "20minutes", jamais en panne d'un bon mot, appelle une "classe-action". Cet interview est celle d'un parent (Virgil Javorski) à Europe Un (Europe matin) un peu avant sept heures ce Jeudi 29 Août. Le journaliste, sans doute excédé d'avoir à s'occuper des "chiens écrasés", a semblé peu à l'écoute de ce parent et plus préoccupé par ses "bons mots" à lui que par son sujet. L'interview fut introduit par un cliché, une question-alibi et un jugement moralisateur qui donnaient à peu près ceci (citation approximative):
 "il n'est pas courant qu'un parent décide de passer un oral pour sauver celui de sa fille, qu'est-ce qui vous a poussé à prendre rendez-vous avec le recteur, vous vous rendez-compte si les recteurs devaient recevoir tous les parents dont les enfants ont eu une mauvaise note ... ?".

La réponse professionnelle
Heureusement, ce monsieur fut précis et neutre: 
"nous sommes 21 parents à avoir écrits au rectorat et c'est le recteur qui m'a proposé ce rendez-vous et je corrige la présentation que vous avez faite: ma fille n'est pas une brillante élève mais plutôt moyenne mais ses camarades et elle sont 21 à avoir des notes ne correspondant pas à leur niveau, ils sont tous passés avec le même jury, tous ont dû dire, contrairement aux règles de cet examen, de quel lycée ils venaient..."

L'arrogance d'un journaliste qui ne connaît même pas son dossier, qui tronque ou change les faits pour faire un mot et qui, en plus ensuite, houspille l'interviewé, me dérange. Par chance, en peu de mots, le parent d'élève fut nettement plus professionnel que le journaliste qui ne put s'empêcher de finir en parlant du "grand oral" de ce papa et de lui conseiller avec une superbe condescendance de s'entraîner , pour avoir une bonne note, à faire court et d'être concis. Pour moi, ce journaliste que je ne connais pas, car j'écoutais Europe Un par hasard ce matin, ne mérite vraiment pas la moyenne. 

Chacun a bien fait son boulot
Il y a un peu plus. Je voudrais, en contrepoint de la médiocrité et de l'arrogance de ce mauvais interviewer, souligner l'exemplarité des acteurs de cette affaire. Qu'avons-nous en effet ici ?
1) Tout porte à penser à un règlement de compte sous-jacent entre privé et public, une vieille passion triste à la française et pour autant aucune accusation hâtive n'a été proférée.
2) Des faits assez clairs. En effet, il ne s'agit pas d'un cas isolé comme l'avait compris le journaliste mal informé d'Europe Un, mais d'un échantillon de 21 cas à comparer presque selon la méthode du double aveugle chère aux chercheurs en sciences sociales, avec un autre échantillon comparable et neutre (la section scientifique). Ce genre de situation est rare au naturel.
3) Les parents, pour une fois unanimes, se sont concertés et ont sagement écrit au rectorat. Peut-être aussi au journal (Sud Ouest) mais l'histoire ne le dit pas. En tous cas, ils ont été des parents et des citoyens responsables et respectueux.
4) Le rectorat, malgré les vacances, a réagi rapidement et de façon appropriée. Il montre ainsi qu'il est vraiment à l'écoute et là-encore, contrairement à notre pauvre journaliste, il démontre sa considération et sa compétence.
5) Les media écrits locaux (Sud Ouest) voire nationaux (Le Figaro) qui ont rendu compte du problème l'ont fait de manière précise et mesurée.

Alors ? 
Sans l'arrogance et la bêtise de cet interviewer, grâce à qui  j'ai tout de même été informé (LOL), je constate que malgré un problème encore à clarifier et à traiter, tout le monde a parfaitement fait son travail dans cette affaire jusqu'ici ! Je voulais souligner cette petite bonne nouvelle partielle parce que, grâce aux clichés entretenus par les media, on a l'habitude de considérer les parents d'élèves comme des veaux totalement partiaux, l'administration de l'Education Nationale comme impuissante et les media locaux comme insignifiants. Il est temps que les "grands media centraux" cessent de penser avec des clichés.

Les grands media entretiennent les passions tristes
La seule chose qui semble déplacée ici et c'est d'ailleurs le cas dans bien d'autres affaires plus conséquentes, c'est la "grande" aristocratie médiatique qui attend qu'on lui apporte les sujets, qu'on les lui prépare et qui ensuite ne les lit pas et ne sait même pas en tirer parti sauf pour entretenir les préjugés, le défaitisme et les tenaces passions françaises. En plus, l'évolution de leur audience montre que le public, peu à peu, "consomme" l'information à la demande via le net et prend ses distances par rapport à ces nouveaux féodaux que sont les media traditionnels. Je trouve cela plutôt réconfortant. 

Souhaitons à monsieur Javorsky et au recteur de l'académie de Bordeaux non pas un bon "grand oral", ni que l'un donne à l'autre une "bonne note" et réciproquement, mais que le dialogue constructif amorcé permette de régler intelligemment le problème sous-jacent. Souhaitons surtout que le traitement médiatique du sujet ne vienne pas empêcher les gens compétents et concernés de gérer leurs affaires entre eux.

Comme promis avant cette longue interruption d'été, je vous donnerai bientôt la suite et sans doute la fin du feuilleton sur la douane et je vous parlerai des dernières parutions ACATL.

lundi 17 juin 2013

Morale, fonction publique et simplicité

Source: syndicat Solidaires Douanes
Après les scandales qui, de droite et de gauche, n'ont cessé de toucher nos politiques, cette affaire n'a pas la même envergure. Sans doute est-ce lié aux personnes mises en causes qui n'apparaissent pas sur le devant de la scène. Du coup, les conséquences restent sous le niveau de la couverture radar. Voici tout de même afin de ne pas les oublier quelques conséquences que l'on me fait connaître.

L'alliance anti-tabac:

Voici tout d'abord ce que disait une lettre envoyée par l'Alliance contre le tabac envoyée au ministre de tutelle, Bernard Cazeneuve:

"Par conséquent, nous nous interrogeons sur les sanctions que vous envisagez à l’égard de vos fonctionnaires, M. Henri Havard et M. Galdéric Sabatier, cités dans cet article, pris en flagrant délit de conflits d’intérêts avec les industriels. Alors que le Président de la République entend moraliser notre vie publique, ces sanctions doivent être exemplaires afin que ces pratiques illicites ne puissent plus se reproduire, et que ces deux fonctionnaires cessent leurs relations avec les multinationales du tabac."

Je ne soutiens habituellement pas les associations de ce type dont les finalités restreintes quoique louables aboutissent le plus souvent à des règlements absurdes et liberticides. Cependant, ici, il faut bien admettre que l'alliance met le doigt sur le même problème que nous à savoir celui de la Moralisation de l'action publique et de la Gouvernance globale. Notez que pour une fois les noms sont publics car à l'origine, les journalistes les ont donnés, chose nouvelle s'agissant de "simples" hauts fonctionnaires.

Les syndicats:

Voici maintenant un extrait d'un communiqué du syndicat Solidaires Douanes. Là non plus, je ne soutiens généralement pas les syndicats de ce type car trop souvent limités et défendant seulement des intérêts catégoriels. Pourtant, de même que dans le cas précédent, ils mettent l'accent sur la question de la qualité de la gouvernance de leur administration:
"Mention spéciale pour les personnes citées, qui s'engagent beaucoup au service de l'économie (privée). Ainsi, le sous-directeur est le grand promoteur de la taxe poids lourds (mission fiscale dont la perception a été privatisée) et le chef de bureau s'est battu avec acharnement, pour adoucir des dossiers contentieux, qui étaient sûrement bâtis sur des bases trop fragiles… à la suite de plusieurs affaires aussi isolées que regrettables, le directeur général des Douanes précédent avait initié une action de formation nationale en matière de … déontologie ! Quand des représentants connus de notre administration tordent à ce point les principes de neutralité du service public et qu'est ainsi atteinte la crédibilité de l'action de la douane, on est en droit de se demander s'il est bien sage de conserver ces derniers à de tels postes ! Il serait bien de commencer par les inscrire à la dite formation ainsi que la hiérarchie supérieure, particulièrement friande de l' « administration de service », ce qui serait au moins aussi utile que pour la valetaille ..."

Voici deux liens si vous voulez creuser:
Solidaire.
CFDT.

Bien dans le style syndicaliste, on voit qu'ils mettent là-encore le doigt où cela fait mal et ne se cachent pas derrière la solidarité de leur administration. Comment en outre, des cadres feraient-ils dans n'importe quelle organisation pour diriger quoi que ce soit après de telles mises en cause ?

La Presse Magazine:

Enfin rappelez-vous que ces sujets presque inaudibles ont attiré mon attention à la suite d'une affaire dont j'ai été témoin et dont le même sous-directeur était l'acteur essentiel. Voici ce que reprend le magazine l'Entreprise de Juin dans son dossier consacré à la "complexité" administrative, étouffante au sens littéral:

Il s'agit du cas STVI que j'avais présenté dans ce blog. Le journaliste du magazine ne s'est pas donné la peine de croiser ses informations, il a simplement repris les sources plus confidentielles que j'avais déjà citées. Cependant, toutes ces informations sont bien exactes et il est heureux qu'elles puissent commencer à faire surface ...

En quoi sommes-nous concernés ?

Le risque, c'est que nous ne le soyons pas assez justement ! Que va-t-il se passer pour les fonctionnaires mis en cause ? Rappelons-nous que ces mêmes "hauts cadres" gèrent 14% des recettes de l'Etat (Droits Indirects) et que, comme nous l'avons montré, plusieurs gros dossiers comme l'écotaxe poids lourds, la TVA extra-communautaire et des plus petits comme celui de la bi-carburation des engins de chantiers sont à la peine alors que l'Etat continue à s'endetter chaque mois et cherche de nouveaux impôts.

Ce que nous montrent ces affaires c'est qu'une incompétence s'est installée aux niveaux intermédiaires de certains rouages de l'Etat. Il est question de trois sortes d'incompétence ici, en poupées russes. Il y a d'abord cette incroyable arrogance de ceux qui s'affichent avec les représentants de lobbys qu'ils sont censés cadrer, c'est humain mais "inapproprié" pour le moins. C'est une forme d'incompétence déontologique à l'heure où le gouvernement cherche à moraliser et où Cahuzac fait le buzz comme si rien ne pouvait atteindre les protagonistes ... Peut-être ont-ils trop cru que les ministres ne faisant que passer, ils n'avaient pas de souci à se faire ... et ils n'avaient pas tort jusqu'ici.

Et il est question des dossiers qui n'avancent pas qui renvoient à une autre incompétence, technique celle-là. Et nous ne parlons même pas de ce qui inquiète de façon profonde mais sous-jacente les deux syndicats cités plus hauts: l'avenir-même de cette administration mise en cause à juste titre par le candidat Sarkosy en 2007, il s'agirait plutôt d'une incompétence structurelle déjà citée par des sociologues  dans ce blog qui touche la gouvernance d'un Etat qui ne parvient pas à réformer son administration. Les trois sont liées.

Or nous savions par l'expérience des décennies passées que l'incompétence d'Etat est rarement sanctionnée sauf aux niveaux inférieurs même quand elle est démontrée. Nous verrons ce qui adviendra ici. Pour l'instant, nous n'en sommes qu'aux présomptions. Ces trois exemples montrent tout de même que juste en dessous de la couverture radar, des informations filtrent. Les intouchables ne sont plus hors d'atteinte.

jeudi 6 juin 2013

Vers une moralisation de la haute fonction publique ?

Deux hauts fonctionnaires se font "rincer" par des cigarettiers. Suite inattendue des derniers épisodes sur la "Morale" ou hasard ? Voici un rebondissement que je voudrais commenter.
Photo: http://www.rolandgarros-salons.com

Fait générateur:
Deux hauts fonctionnaires de Bercy sont l'un invité à un déjeuner très luxueux (10k€ tout de même), l'autre à Roland Garros par notamment British American Tobacco. Dans les deux cas, des élus sont également de la partie. Mais où est le problème ? On sait bien que lorsque l'on est détenteur d'un certain pouvoir, des lobbys exercent sur vous pressions et séduction. Accepter une invitation n'est pas forcément signe de corruption ... Ne nous voilons pas la face, les affaires marchent ainsi ... également. Alors quel est le problème ?

Le problème:
Voici mes sources. Tout d'abord, un article bref du Lab d'Europe 1 du 4 Juin nous précise la réaction des ministres de tutelle de ces fonctionnaires:

" Evidemment, aucun ministre, ni même la directrice des douanes n’étaient au fait de la présence de ces deux personnes. Ces deux hauts fonctionnaires ne nous ont absolument pas averti de cette initiative individuelle. Ils ne représentaient qu’eux-mêmes. Pierre Moscovici et Bernard Cazeneuve désapprouvent totalement ce déjeuner. Et l’appréciation administrative de ces deux personnes est actuellement étudiée par leur hiérarchie."

Cet article se réfère lui-même au JDD du 2 Juin qui est plus explicite. Ces réceptions ont eu lieu dans le double contexte suivant:
1) l'évasion fiscale de ces groupes cigarettiers via les Pays Bas serait de 300 Millions d'euros par an.
2) l'augmentation du prix du tabac mais pas trop vite afin de ne pas pousser les consommateurs à acheter leurs cigarettes dans les pays frontaliers ...

Le problème est d'abord celui du droit, le Lab rappelle qu'en matière de tabac la convention-cadre de l'OMS prévoit que "l’Etat doit veiller à ce que les politiques ne soient pas influencés par les intérêts de l’industrie du tabac". Ensuite, le contexte de l'affaire Cahuzac et sa partie immergée sur laquelle j'avais essayé de faire une plongée, ainsi que les crises qui devraient pousser à des changements radicaux nous incitent à rechercher une certaine exemplarité et nous retombons sur le thème de la gouvernance et de la Morale politique or ... couac mais aussi occasion de voir que peut-être, enfin, certaines choses sont en train de changer ! 

En quoi sommes-nous concernés ?

Sans me prononcer sur le fond de cette nouvelle affaire, je constate que l'un des hauts fonctionnaires impliqués est justement celui dont je parlais à propos du cas STVI: Henri Havard. Pour ma part, comme je le disais en commençant cet article, je ne suis pas très fan des chasses aux sorcières, mais c'est bien qu'il n'y ait plus d'intouchables. Ainsi, si Bernard Cazeneuve, le ministre concerné, succède à Cahuzac, je suis ravi (mais pas étonné) de constater qu'il n'est pas là pour le remplacer !

Ravi, je le suis aussi de voir que des journalistes ne reculent plus à sortir les infos qu'ils doivent sortir. Ensuite, laissons aux responsables voire à la Justice le soin de faire enfin leur travail s'il y a lieu et ceci mieux que ne semble faire le sien l'administration citée dans les articles en référence !

lundi 3 juin 2013

Castres, capitale du fair play

Un court sujet à l'occasion de la finale du TOP 14. Castres, cité traditionnellement ouvrière du Sud
Source: http://midi-pyrenees.france3.fr
Ouest se réunissait devant le grand écran de la place Soult retransmettant le match Toulon-Castres. Nous étions, pour assister à une autre finale, plus confidentielle, de gymnastique, à Albi où notre fils participait en équipe au championnat de France criterium. nous avons fait les 40 km entre les deux villes.

Nous avons croisé à Castres quelques rares provocateurs arborant les couleurs du RC Toulon. Ont-ils molestés ? Non. D'ailleurs sur la photo ci-contre, on voit à gauche un drapeau rouge et noir ...  Nous avons été agréalablement surpris par exemple à l'occasion de nos déplacements dans cette foule de constater que des gaillards de cent kilos peints en bleu et blanc s'écartaient poliment pour laisser passer madame ...

Et Castres a gagné un peu à la surprise des commentateurs. Cela a-t-il, comme avec les pseudo-supporters du PSG été le prétexte à des débordements voire à des actes violents ? Non, le rugby sport de brutes, même devenu professionnel, reste un sport pour des gentlemen ! La violence est sur le terrain comme sublimée et presque toujours auto-contrôlée.

En quoi cela nous concerne-t-il ?

Le rugby est pratiquement le seul sport médiatique qui m'intéresse. J'ai parlé de la "Morale" que nous partageons ou pas et qui détermine, ou non, la qualité de nos liens sociétaux. 

A Castres, cité éprouvée par la crise et par le scandale du médiator, le rugby reste un trait d'union et non un signe de désunion. Je voudrais ici vous rappeler ce que je disais dans cet article de blog en citant Michel serres à propos du rugby et du contrat naturel: "la pratique du rugby, plus que le spectacle de celui-ci, est une puissante pédagogie. Pour vaincre, il faut respecter les règles et l'adversaire et pour cela déployer son énergie en gardant le contrôle de ses émotions. Celui qui dégoupille est sanctionné et fait perdre son équipe !"

Et bien, nous avons été en famille constater paisiblement que le spectacle de ce sport de combat collectif renforçait plutôt le contrat social.

mardi 28 mai 2013

TEDxParisUniversité le 8 Juin à la cité des Sciences

Presqu’un an déjà que s’est tenu TEDxLaDéfense. Pérenniser l’événement était l’un de nos souhaits. Cela ne se fera pas sous la même forme en 2013. En attendant, que se passe-t-il ? Plutôt que d’énumérer ce qui ne s’est pas (encore passé) voyons quelles ont pu être les suites directes ou indirectes de ce TEDxLaDéfense. Juin foisonne d'évènements TEDx à Paris:

Le 4 juin à la gaité lyrique en soirée, TEDxParis, « ça marche » célébrera ce qui marche, les initiatives qui fonctionnent, les projets à succès qui changent le présent et modèlent l’avenir, qui donnent de l’espoir et qui inspirent. Toutes les places sont déjà vendues.
Le 8 Juin à la cité des Sciences de la Villette en après-midi, ce sera TEDxParisUniversités qui se focalisera sur « percevoir l’improbable ». On peut réserver ici: https://www.atendy.com/event/tedxparisuniversites-89025226?   
Le 13 Juin à Bobino en soirée, TEDxVaugirard nous ramènera au « coeur de l’humain ». Là, en revanche, les pré-inscriptions sont ouvertes et accessibles par le lien ci-dessus.
Les organisateurs de TEDxParis et de TEDxVaugirard, nommément Michel Lévy-Provencal et Stéphane Roger m'ont aidé à ce que se tienne, entre leurs deux événements, ce TEDxParisUniversités dont je suis le licencié officiel à défaut d'en être l'organisateur. Mais je m'occupe un peu des intervenants tout de même avec Maxime et Joris.

A très bientôt pour d’autres news sur le site de TEDxLaDéfense où je vais publier très prochainement des articles ou des news de nos amis intervenants notamment et le faire vivre ainsi jusqu'à une autre possible tenue de cet évenement.

lundi 20 mai 2013

Philippe Rambaud à TEDxVaugirard, nourrir le succès futur


Voici une suite de courts articles TEDx: commençons par la réussite en affaires... après la faillite. Philippe Rambaud nous avoue sa faillite et en fait une force pour "rebondir". Comment est-ce possible ?

La quadruple punition:
Philippe nous explique qu'il a découvert qu'un entrepreneur qui échoue vit une quadruple punition. 

  • Il porte tout d'abord sa honte. Sa faillite est indicible car il se sent traître à ses salariés, à ses actionnaires et à ses clients.
  • Il est ruiné: ses économies se sont envolées, il a des dettes, il n'est plus solvable car il est marqué au fer rouge par la banque de France même à titre privé (F. Hollande a promis de remédier à ce problème, nous verrons), enfin il peut même avoir été condamné par le tribunal de commerce ... 
  • Il est ostracisé: la société le rejète. Quel que soit son âge, qui irait embaucher un looser ?
  • Enfin, il est heureux s'il a encore une famille.

Allez donc rebondir après. Et pourtant, c'est ce qu'a faite Philippe grâce à ses clients, sa femme et sa thérapeute. Conscient que très nombreux sont ceux qui n'ont pas cette chance, Philippe a, en plus avec son épouse et sa cousine Catherine, ancienne chef d'entreprise et avocat, monté une association qui les y aide: 60000 rebonds. Je vous propose ci-après la vidéo de Philippe à TEDxVaugirardRoad l'an passé:



En quoi sommes-nous concernés ?
Ils sont 60000 à faire faillite chaque année (en fait plutôt 50000 car il y a aussi des arrêts volontaires ...). Philippe nous dit trois choses simples:
  • A raison de 5 emplois par structure, cela fait 250000 emplois par an.
  • Si l'on s'attachait à ces entrepreneurs qui ont démystifié la création d'entreprise, quitte à y avoir tout perdu, on aurait-là un vivier compétent et motivé pour ré-entreprendre et "sortir du cadre.
  • Attention, nous avons ici, en France, un handicap structurel très fort: la failli est un looser donc un paria or ceci n'est pas vrai dans des pays plus dynamiques comme les USA. Se planter c'est une occasion de réussir encore mieux après !

J'ai rencontré Philippe dans ce TEDx une semaine avant notre TEDxLaDéfense. J'ai voulu mieux connaître Philippe et apprécié son action dont je sais qu'avec l'aide du cabinet Ernst and Young, elle a décollé dans la région de Bordeaux. Le chemin sera long pour changer de mentalité tout en affrontant les réalités entrepreneuriales en face. A n'en pas douter, Philippe est de ceux qui "positivent" et qui savent ce que cela veut dire.

Pour finir, je veux adresser un coup de chapeau à Stéphane Roger qui organise de nouveau mais à Bobino, le jeudi 13 Juin au soir, cet excellent http://www.tedxvaugirardroad.com/. Le prochain article vous en dira plus sur la "saison" des TEDx parisiens en juin.