jeudi 8 septembre 2011

La transformation du mode de production de l'énergie est inéluctable

Jérémy Rifkin est assez peu connu du public français mais je profite de cette vidéo sous-titrée pour vous le présenter. C'est un auteur important dans le monde anglophone et un conseil des gouvernements américains et européens sur les questions de prévisions économiques et sociales à long terme notamment après le succès de son livre "La fin du travail".
Voici qu'il s'exprime ici (film réalisé par Terre tv) sur l'énergie nucléaire et particulièrement sur la France, ceux qui me connaissent savent pourquoi ce sujet me touche personnellement et là, je crois que son propos ne peut laisser personne indifférent:

En résumé:
Selon J. Rifkin: 
1) Le nucléaire était déjà mort il y a 20 ans mais la mise en avant du changement climatique lui a permis de renaître avec l'argument que le nucléaire, n'émettant pas de CO2, était une énergie propre.
2) Aujourd'hui, il est évident que le nucléaire est bien une énergie du passé, cette industrie est morte car:
- les 443 vieilles centrales nucléaires de la planète ne produisent que 6% de l'énergie, il faudrait des milliers de milliards de $ pour en construire 1500 nouvelles pour atteindre 20% des besoins énergétiques et ainsi avoir un impact perceptible sur le changement climatique. Aucune chance que cela se fasse. L'argument tombe.
- le problème du traitement ou du stockage des déchets n'est pas résolu.
- la sécurité des centrales, en France comme ailleurs, n'est pas assurée en cas de secousses telluriques, les barres de combustibles hors du coeur du réacteur sont vulnérables et peuvent causer une irradiation en cas de cataclysme comme à Fukushima.
- la ressource en uranium sera déjà insuffisante pour le parc de centrales existantes et le prix ne peut donc que grimper.
- la transformation de l'uranium en plutonium constitue un risque en cas de détournement terroriste.
- en France, 40% de l'eau douce servirait actuellement à refroidir les centrales et deviendrait ainsi impropre à l'utilisation agricole.

Une énergie issue d'une pensée du passé
Rifkin poursuit avec une idée que je trouve séduisante. Le nucléaire est l'archétype d'une industrie et d'un mode de pensée s'appuyant sur une vision qui a fait progresser les Etats "modernes" dans le passé: la centralisation. Prenant une analogie avec l'industrie de la musique qui disparaît au profit des téléchargements sur le net, les journaux qui s'effacent devant la blogosphère, wikipédia qui supplante l'encyclopédie Britannica, Linux qui dépasse Microsoft, le modèle de production d'énergie contrôlé d'un centre et redistribuant vers une périphérie sera supplanté par un modèle collaboratif sans aucun centre. Les nouvelles générations ne voudront tout simplement plus supporter les  mastodontes centralisés risqués et pollueurs (comme EDF) quand les bâtiments, les instruments et même les véhicules pourront produire leur propre énergie verte et la partager "latéralement"sans contrainte.

En quoi sommes-nous concernés ?
Nous devrions amener les hommes politiques à préparer activement l'avenir de nos enfants qui comme le dit Rifkin ne pourront plus supporter les modèles anciens. Pour cette raison au moins, le nucléaire n'a plus d'avenir. J'ajouterai (et je le publirai bientôt) qu'en matière d'énergie, Richard Hall Tipping m'a convaincu à TEDGlobal que l'apport des nanotechnologies rend très vraisemblable la vision d'avenir que présente J Rifkin. Je veux bien admettre qu'il y a encore une incertitude sur le coût environnemental de ces technologies mais je suis prêt à prendre le pari que cette incertitude n'est rien au regard de ce que nous annonce Rifkin !!!

La révolution des transformations discrètes:
Ne trouvez-vous pas frappante l'idée que la révolution est déjà en train de s'accomplir juste sous notre nez ? Les transformations discrètes dont j'ai parlé sont à l'oeuvre. Les crises que nous vivons ne sont-elles pas seulement les craquements superficiels des changements sous-jacents ?

mercredi 7 septembre 2011

Créer indéfiniment de l'argent-dette... ou inventer de nouvelles monnaies

Mon dernier billet renvoyait à une vidéo que voici sur le site de worldTV qui est à connaître. (Je retire cependant l'objet vidéo car le code ne renvoie pas à la bonne vidéo sur le site en question, pour la voir, cliquez sur ce lien)

Voici donc une explication en images de ce que j'appelais "M2". Pas de prêts pas d'argent et pas d'argent pas d'économie mais les arbres ne grimpent pas jusqu'au ciel ! 

Il faudra donc bien inventer quelque chose de mieux adapté que ce que nous avons aujourd'hui à savoir un système de prêt dit "fractionnaire" qui semble fort comporter en lui-même les germes de nos crises selon la démonstration de ce film.

Les freins sont énormes, aucun changement ne se produira si:

1) nous ne cherchons pas à comprendre les mécanismes économiques et sociaux réels,
2) nous renonçons en tant que responsables ou en tant que simples citoyens à exercer notre pouvoir de contrôle,
3) nous nous contentons de nous réfugier dans des croyances politiques ou religieuses qui laissent à d'autres le soin de régler les détails de la vie économique et sociale,
4) nous continuons à penser le monde avec les recettes d'hier,
5) nous préférons penser que les changements nécessaires arriveront sans efforts ...

En attendant, je me demande si tous ceux, intellectuels, journalistes ou consommateurs du café du commerce qui critiquent le Système en connaissent simplement les principes de base ... madame Lagarde comprise.

Pour aller plus loin, voici le site des concepteurs: http://www.moneyasdebt.net/

Polémique comptable ou problèmes de fond

La semaine dernière, une polémique a été lancée par la nouvelle Directrice du FMI, la sémillante et souriante  Christine Lagarde. Le FMI a-t-il décidé un grand emprunt mondial pour aider le tiers monde ? Pas tout à fait. Mme Lagarde dont l'esprit d'à-propos a déjà fait merveille, vient de conseiller aux banques européennes d'augmenter leurs fonds propres pour couvrir leurs risques compte tenu de la désormais médiocre qualité de leurs créances aux Etats en difficulté comme la Grèce ...

De quoi s'agit-il ?
D'une différence comptable ! Aux USA, dont l'orthodoxie bancaire passera à la postérité après l'affaire des subprimes entre autres, il convient d'enregistrer au bilan les créances à leur valeur de marché et en Europe elles le sont à la valeur faciale moins une décote de 21%. Donc en simplifiant (car il faudrait tout prendre en compte) quand une créance n'est pas spécialement risquée, elle est sous-évaluée en Europe (et le bilan paraît moins bon) mais quand le risque est fort comme dans le cas de la crise grecque, il se peut que la créance soit sur-évaluée (et le bilan paraît meilleur de ce fait)."Selon le FMI, si les banques européennes prenaient en compte les obligations souveraines de la zone euro, et donc de la Grèce, à la valeur qu’elles ont actuellement sur le marché, leurs fonds propres perdraient immédiatement de 10% à 12%. Soit un besoin de recapitalisation de 200 milliards d’euros pour être certain de faire face à la crise."

Pour évaluer la solidité d'une banque, il faut analyser l'ensemble de son portefeuille de créances (pas seulement certaines dettes car selon les méthodes choisies, les risques peuvent se compenser) et sous un ensemble de critères ... Il y a maintenant les stress-tests pour cela, l'ancien ratio Cook ne suffit plus et bientôt se réunit le comité Bâle III pour revoir tout cela une nouvelle fois. L'argument de C. Lagarde n'est donc pas intrinsèquement faux mais il est très insuffisant et devrait être nuancé. Une mesure plus logique aurait pu être de proposer de changer de méthode comptable en Europe pour TOUTES les créances et pour TOUTES les Banques, de refaire les stress tests et de voir alors si la banque européenne est moins protégée que son homologue américaine. Il me semble que l'affirmation de Mme Lagarde soit donc pour cette raison  hâtive et insuffisante techniquement. En revanche, les conséquences de son application, elles, me semblent au contraire très nettes si l'on réfléchit un peu. Voyons ce que tout cela pourrait bien vouloir dire.

Quelles seraient les conséquences ?
Imaginons que ce ratio soit actuellement de 5% (pour prêter 1000, la banque doit avoir 50 dans ses coffres). Cela veut dire que si les banques devaient passer à 10%, pour prêter 1000 elles devraient avoir 100 en propre ou avec 50, diminuer leurs créances de 1000 à 500. Ce % détermine les fonds que la banque doit détenir en propre (capital principalement) pour faire face à des faillites "normales" voire, dans le cas précis, à une crise exceptionnelle et pouvoir continuer à honorer ses propres engagements. Car la banque ne prête pas que son propre argent ou les dépôts de ses clients, elle emprunte également ... On comprend que ces ratios servent théoriquement à éviter les faillites en chaîne. Et doubler ce ratio signifierait soit doubler son capital soit réduire de moitié ses prêts ou un peu des deux !

La mise en oeuvre de cette idée poserait un vrai problème économique. Imaginez-vous tout un chacun dans un tel contexte souscrire à l'augmentation de capital massive des banques que cela signifierait ? Et avec quel argent ? Alors sans apport supplémentaire, il faudrait que les banques réduisent leurs prêts de moitié. Tout simplement. Moi qui aimerait revendre ma maison, il faudrait que je songe à limiter mes recherches aux seuls acheteurs qui pourraient se passer de prêt immobilier parce que dans une telle situation, l'accès au crédit serait rendu encore plus difficile aux acteurs "normaux" de l'économie (entreprises et particuliers). Je viens rarement au secours des banques (qui n'en ont pas besoin d'ailleurs) mais là se profilerait une crise financière bien plus importante. Une telle proposition aurait pour effet de réduire la masse monétaire "M2" (celle qui correspond justement aux crédits) et de plonger rapidement les économies dans une récession plus brutale et plus massive encore que celle que nous connaissons déjà. Je n'aurais pas l'outrecuidance de conseiller cette vidéo à C. Lagarde mais si vous, vous avez un peu de temps, allez regarder (merci Christine !).

Comme le disait Jean François Noubel à TEDxParis en Janvier, il y a déjà un phénomène de "condensation" monétaire qui limite l'accès à la monnaie (l'adage dit qu'on ne prête qu'aux riches !). Ce phénomène serait encore accru. Alors là n'y pensons même plus ! Et pourtant, les enjeux économiques, sociaux et environnementaux ne justifient-ils pas que les acteurs économiques investissent pour y faire face ?

Que faudrait-il faire alors ?
D'abord, souvenons-nous des causes du problème: la crise des subprimes est venue d'une opacité artificiellement créée pour diluer de mauvais risques pris sur l'immobilier aux USA. Il s'agirait donc plutôt de surveiller en amont des ratios prudentiels, la qualité du travail d'engagement des banques. Car pour autant, je ne dirais pas comme Mme Parisot que les banques européennes sont si solides. Les ratios actuels ne sont pas toujours respectés et nous ne sommes pas à l'abri que certaines fassent défaut parce qu'elles prêtent aux Etats qui n'en font pas. Mais s'occuper des ratios ne suffit pas. C'est tout le système de management des hommes et des risques qu'il faudrait rendre plus pertinent et plus près des réalités économiques et sociales, par une gouvernance au niveau des conseils d'administration plus affutée et enfin par un meilleur contrôle des institutions financières de la part des Etats. En gros, par un véritable exercice des responsabilités de chaque niveau à l'intérieur et au dehors des banques. 

Venir a posteriori simplement modifier les ratios de gestion (et pas qu'un peu) sans se préoccuper de la chose gérée, est-ce bien responsable ?

Qui est le plus irresponsable ?

Certaines banques sont donc  coupables à l'origine d'avoir mal fait leur travail. Aujourd'hui elles le sont d'avoir prêté à la Grèce, quel est le plus gros problème ? Un Etat comme la France disposant (encore) d'un "AAA" et qui est  endetté à plus de 80% de son PIB dispose d'un accès au marché dans les meilleures conditions c'est-à-dire avec les meilleurs taux. Par opposition, mon acheteur immobilier même disposant d'un emploi stable et de garanties, si ses remboursements dépassent 30% de son revenu, n'aura pas de crédit du tout... Même idée pour les entreprises. Or un budget d'Etat chroniquement en déficit ramené à 3% de déficit annuel est, dans le même temps, considéré comme vertueux... Que se passerait-il si votre budget à vous était bouclé au mieux à 97% ?

Ne serait-il pas préférable de recommander aux Etats une gestion plus seine et de s'appliquer à eux-mêmes les règles qui prévalent pour les autres acteurs économiques ? Ce qui est l'évidence pour vous devient une règle d'or" pour l'Etat  de nos jours !!! Difficile dans ces conditions de parler de prises de responsabilités de chaque niveau. Ne dit-on pas qu'un escalier ça se balaie en commençant par le haut ?

Une affaire qui fait "pschitt"
Mme Lagarde a bien plutôt cherché à plaire aux banques américaines pour montrer son indépendance vis à vis de ceux (les pays européens) qui l'ont fait élire au FMI. On voit aussi que cette histoire de ratio n'est pas sérieuse et l'on pourrait en plaisanter si la situation financière des Etats (plus que celle des banques) n'était celle d'une quasi-faillite. Et l'ont voit tristement où se situent les priorités de la nouvelle Directrice du FMI au sujet de laquelle j'ai déjà écrit que j'aurais préféré un économiste indien ... puisqu'il n'est pas politiquement correct de regretter ouvertement Strauss Kahn !

Pourquoi commenter ce non-événement ?
Parce que la Banque n'est qu'un instrument du Capitalisme qui n'est qu'un instrument de notre fonctionnement économique. Un instrument et pas un système idéologique ni moral qu'il s'agirait de détruire, de brimer, de punir ou de servir. Il s'agit seulement de bien l'utiliser. Ce qui pose problème c'est la complexité et les intérêts bien compris de ceux qui se servent de cette complexité à court terme et qui conduisent les institutions à dysfonctionner. Par exemple à prêter quand il ne faudrait pas puis à le cacher le temps que cela devienne ensuite des escroqueries planétaires (les subprimes). Comme sont des escroqueries les magouilles des dirigeants grecs qui n'ont jamais pu rééquilibrer leurs finances internes, mettre en place une fiscalité honnête et fait croire à leurs électeurs que cela pouvait durer éternellement... Comme finiront probablement par apparaître comme des escroqueries les pratiques de nos dirigeants qui ne savent depuis 50 ans équilibrer notre budget national qu'en augmentant la dette sans mener à leur terme les réformes nécessaires. Rappelez-vous du candidat Sarkozy qui s'étonnait: "il n'y a plus de frontières et non seulement il y a toujours des douaniers mais leur nombre a augmenté de plus de 10000 depuis qu'il n'y a plus de frontières ..." Qu'a fait notre manager-président Sarkosy de cet excédent de douaniers ? 

Je n'en veux pas plus aux douaniers qu'aux banquiers en fait. Ni même à Sarkozy plus qu'à Chirac ou à Mitterrand. La vérité c'est que rien ne se fait vraiment sur le fond et que personne même nanti du "AAA" ne peut vivre indéfiniment au dessus de ses moyens. C'est cela qu'il faut changer et non les ratios prudentiels des banques. Les raisons des déclarations de Mme Lagarde apparaissent dès lors bien dérisoires devant les véritables enjeux.

Pour finir voici deux citations que j'aime bien:
Il n'est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout.
"Il n'y a pas de problème qu'une absence de solution ne finisse par régler" Henri Queuille Ministre de la 3eme République et
"Tout finit par s'arranger, même mal" attribuée à Rudyard Kipling

samedi 3 septembre 2011

Vitesse au volant: mieux que les radars !

Dans la lignée de mes articles sur les contrôles radars et le rattrapage de points, voici un petit film australien qui pose le problème autrement (ou au moins une partie du problème):
L'impact de cette campagne est excellent en Australie, paraît-il. C'est ce qui se passe quand l'imagination arrive au pouvoir ...

mercredi 31 août 2011

Hydroliennes: de l'électricité indéfiniment renouvellable

Et voilà que le 20 heures nous présente le parc d'hydroliennes de Bréhat. Je trouve que le petit film d'EDF ci-après est plus complet que les explications de la TV:

Voilà donc une idée mise en pratique pas loin de chez nous ! Pour les détracteurs des voitures "nucléaires", voilà donc une possibilité d'existence de futures voitures à propulsion hydrolienne. Si je trouve un bilan carbone de l'ensemble de la chaîne et une analyse économique du kwh "hydrolien, je complèterais ce billet.

lundi 29 août 2011

Jessica Green: filtrons-nous les bons microbes ?

Michel Serres dans son "Nouveau Contrat Naturel" nous rappelle que le terme écologie désigne d'abord une science avant d'être un mouvement politique. Cette science se mêle d'observer un "objet" comme toutes les autres sciences mais cet objet est lui-même un système complexe, un "environnement".

Dès lors, l'objet de l'observation n'est plus jeté devant soi (objectum: « ce qui est placé devant ») mais un réseau complexe de relations ... Jessica Green est une écologiste scientifique et qui nous parlait ici à TED Global à Edimbourg en tant que "TED Fellow" (sorte de bourse de recherche) du résultat de ses études sur l'environnement microbien mécaniquement confiné de l'hôpital d'un point de vue "écologique:
Cette vidéo est la première vidéo de TED que Mélanie Chambaretaud traduit en français.  Bravo à elle !

En quoi sommes-nous concernés ?
J'avais évoqué à l'occasion d'un billet sur les accidents de la route que notre gouvernement serait bien inspiré de s'attaquer à un fléau national devenu plus important que celui des accidents routiers, celui des maladies contractées à l'hôpital: les maladies nosocomiales. 

Et voilà donc que cette chercheuse nous explique dans ce petit film que c'est justement parce que nous filtrons l'air des hôpitaux (et de pas mal d'autres bâtiments d'ailleurs) que nous en limitons sa bio-diversité microbienne à des micro-organismes proches ou générés par l'homme. Du coup, la probabilité de la présence de germes pathogènes pour l'homme (ici pour des organismes déjà malades) serait plus forte et une cause importante de maladies nosocomiales. Vous voyez que nous sommes tous concernés !

Quelles leçons en tirer ?
Tout d'abord l'écologie est une discipline scientifique avant d'être une occasion d'empoignades (Notez que Jessica n'échappe pas à son lot de critiques, à mon sens, gratuites sur le forum de TED). Examinons donc d'abord les faits comme aurait dit Aristote. Ensuite, comme nous le faisons dans tout domaine, n'est-il pas frappant de constater que toujours plus d'une même solution qui a fait ses preuves finit par ne plus rien résoudre puis, comme ici, par créer de nouveaux périls ? 

Ainsi, dans les hôpitaux (j'ai d'ailleurs collaboré à un projet visant à améliorer la performance d'un hôpital en matière d'environnement contrôlé), la posture qui consiste à isoler les espaces sensibles de l'environnement extérieur dans un souci incontournable d'asepsie conduit à sélectionner un environnement encore plus pathogène. Tout se passe donc comme si, parvenus à un certain stade d'avancement, il serait nécessaire de "Lâcher Prise" pour rechercher des solutions dans une autre voie. Attention, je ne dis pas de tout laisser-tomber et de revenir aux cavernes, Pasteur ne doit pas être oublié, je propose de faire un effort de lucidité pour repérer ce qui ne marche plus ou qui a atteint sa limite de validité, de se retourner vers les disciplines qui innovent et de travailler avec elles pour concevoir de nouvelles solutions. 

Pas des solutions forcément radicalement nouvelles scientifiquement d'ailleurs mais à coup sûr radicalement casse-pieds au regard des institutions et des habitudes de pensée existantes.

dimanche 28 août 2011

Ecologie: retour aux cavernes ou réalisme technologique ?

De retour de vacances et de voyage surtout en France, je vous propose de regarder cette petite vidéo sur un projet futuriste de paquebot car je voudrais partager avec vous quelques interrogations sur ce que l'on appelle "Ecologie". Mon sujet sera, comme souvent, le raisonnement humain. Mes prétextes ici seront les problèmes environnementaux et la technologie. Voici donc Eoseas comme mise en bouche:

Pourquoi ce petit film ?
D'abord parce que mes vacances m'ont ramené du côté de Saint Nazaire, région où j'ai découvert la voile, et lieu où l'on a construit le France, les plus grands pétroliers du monde puis le Queen Mary II sous le nom de "Chantiers de l'Atlantique", entreprise où sévissait mon propre père il y a 40 ans (rachetée par le coréen STX depuis) ... Du vécu personnel donc comme toujours.

Ensuite, je vous ai parlé déjà d'un bateau qui prévoit de faire le tour du monde propulsé par l'énergie solaire. Le skipper m'a d'ailleurs très gentiment appelé pour me remercier et a accepté de venir nous en parler à TEDxMetz.

Enfin parce que je vous ai aussi parlé de Serge Latouche et de gens qui intelligemment nous disent qu'il va nous falloir changer de modèle ...

Alors ce petit film est une provocation. J'aimerais bien qu'il devienne réalité et que le "Progrès" nous le permette. Je crois de plus en plus qu'il faudra pourtant abandonner certains rêves. Mais bon sang, je suis heureux de voir que l'on rêve toujours ! Et je dédie ce film à certains de mes amis écologistes sincères et personnes respectables ayant mis leurs convictions en ligne avec leur propre vie mais qui m'agacent lorsqu'ils sanctionnent d'avance toute idée technologique, toute innovation ...

En quoi ceci nous concerne-t-il ?
Certains me disent: "cet avion ne volera jamais, ce bateau n'emportera jamais de passagers, cette voiture électrique est un non-sens nucléaire". Alors bien sûr, quel est le coût écologique de toutes ces expériences, va-t-on refaire les mêmes erreurs avec les technologies vertes comme le solaire qu'avec le nucléaire car ce sont des échecs du point de vue environnemental ?

Ce sont de vraies questions ET en même temps, j'ai très peur qu'après un siècle de foi aveugle en le Progrès, on tombe dans l'excès inverse et qu'on revienne à des réflexes frileux et dépressifs sous couvert de "bien-pensance" écologique.

Tout ceci nous concerne car, je vous livre ma conviction, pour résoudre les problèmes économiques, sociaux et écologiques qui nous assaillent, il nous faudra accepter de réaligner notre consommation sur nos vrais besoins tout en investissant massivement sur de nouvelles technologies. Comme toujours, il y aura des essais et des erreurs mais le choix n'est pas ici entre foncer aveuglément vers la High Tech et revenir aux cavernes (voir les polémiques sur le climat avec C. Allègre), il n'y a pas de choix d'ailleurs et ceux qui raisonnent ainsi de façon arbitrairement binaire m'exaspèrent car nous risquons de lâcher la proie de solutions applicables pour l'ombre du débat polémique.

Nous devons à la fois parier sur les innovations technologiques ET remettre en cause notre modèle de croissance !