mercredi 31 août 2011

Hydroliennes: de l'électricité indéfiniment renouvellable

Et voilà que le 20 heures nous présente le parc d'hydroliennes de Bréhat. Je trouve que le petit film d'EDF ci-après est plus complet que les explications de la TV:

Voilà donc une idée mise en pratique pas loin de chez nous ! Pour les détracteurs des voitures "nucléaires", voilà donc une possibilité d'existence de futures voitures à propulsion hydrolienne. Si je trouve un bilan carbone de l'ensemble de la chaîne et une analyse économique du kwh "hydrolien, je complèterais ce billet.

lundi 29 août 2011

Jessica Green: filtrons-nous les bons microbes ?

Michel Serres dans son "Nouveau Contrat Naturel" nous rappelle que le terme écologie désigne d'abord une science avant d'être un mouvement politique. Cette science se mêle d'observer un "objet" comme toutes les autres sciences mais cet objet est lui-même un système complexe, un "environnement".

Dès lors, l'objet de l'observation n'est plus jeté devant soi (objectum: « ce qui est placé devant ») mais un réseau complexe de relations ... Jessica Green est une écologiste scientifique et qui nous parlait ici à TED Global à Edimbourg en tant que "TED Fellow" (sorte de bourse de recherche) du résultat de ses études sur l'environnement microbien mécaniquement confiné de l'hôpital d'un point de vue "écologique:
Cette vidéo est la première vidéo de TED que Mélanie Chambaretaud traduit en français.  Bravo à elle !

En quoi sommes-nous concernés ?
J'avais évoqué à l'occasion d'un billet sur les accidents de la route que notre gouvernement serait bien inspiré de s'attaquer à un fléau national devenu plus important que celui des accidents routiers, celui des maladies contractées à l'hôpital: les maladies nosocomiales. 

Et voilà donc que cette chercheuse nous explique dans ce petit film que c'est justement parce que nous filtrons l'air des hôpitaux (et de pas mal d'autres bâtiments d'ailleurs) que nous en limitons sa bio-diversité microbienne à des micro-organismes proches ou générés par l'homme. Du coup, la probabilité de la présence de germes pathogènes pour l'homme (ici pour des organismes déjà malades) serait plus forte et une cause importante de maladies nosocomiales. Vous voyez que nous sommes tous concernés !

Quelles leçons en tirer ?
Tout d'abord l'écologie est une discipline scientifique avant d'être une occasion d'empoignades (Notez que Jessica n'échappe pas à son lot de critiques, à mon sens, gratuites sur le forum de TED). Examinons donc d'abord les faits comme aurait dit Aristote. Ensuite, comme nous le faisons dans tout domaine, n'est-il pas frappant de constater que toujours plus d'une même solution qui a fait ses preuves finit par ne plus rien résoudre puis, comme ici, par créer de nouveaux périls ? 

Ainsi, dans les hôpitaux (j'ai d'ailleurs collaboré à un projet visant à améliorer la performance d'un hôpital en matière d'environnement contrôlé), la posture qui consiste à isoler les espaces sensibles de l'environnement extérieur dans un souci incontournable d'asepsie conduit à sélectionner un environnement encore plus pathogène. Tout se passe donc comme si, parvenus à un certain stade d'avancement, il serait nécessaire de "Lâcher Prise" pour rechercher des solutions dans une autre voie. Attention, je ne dis pas de tout laisser-tomber et de revenir aux cavernes, Pasteur ne doit pas être oublié, je propose de faire un effort de lucidité pour repérer ce qui ne marche plus ou qui a atteint sa limite de validité, de se retourner vers les disciplines qui innovent et de travailler avec elles pour concevoir de nouvelles solutions. 

Pas des solutions forcément radicalement nouvelles scientifiquement d'ailleurs mais à coup sûr radicalement casse-pieds au regard des institutions et des habitudes de pensée existantes.

dimanche 28 août 2011

Ecologie: retour aux cavernes ou réalisme technologique ?

De retour de vacances et de voyage surtout en France, je vous propose de regarder cette petite vidéo sur un projet futuriste de paquebot car je voudrais partager avec vous quelques interrogations sur ce que l'on appelle "Ecologie". Mon sujet sera, comme souvent, le raisonnement humain. Mes prétextes ici seront les problèmes environnementaux et la technologie. Voici donc Eoseas comme mise en bouche:

Pourquoi ce petit film ?
D'abord parce que mes vacances m'ont ramené du côté de Saint Nazaire, région où j'ai découvert la voile, et lieu où l'on a construit le France, les plus grands pétroliers du monde puis le Queen Mary II sous le nom de "Chantiers de l'Atlantique", entreprise où sévissait mon propre père il y a 40 ans (rachetée par le coréen STX depuis) ... Du vécu personnel donc comme toujours.

Ensuite, je vous ai parlé déjà d'un bateau qui prévoit de faire le tour du monde propulsé par l'énergie solaire. Le skipper m'a d'ailleurs très gentiment appelé pour me remercier et a accepté de venir nous en parler à TEDxMetz.

Enfin parce que je vous ai aussi parlé de Serge Latouche et de gens qui intelligemment nous disent qu'il va nous falloir changer de modèle ...

Alors ce petit film est une provocation. J'aimerais bien qu'il devienne réalité et que le "Progrès" nous le permette. Je crois de plus en plus qu'il faudra pourtant abandonner certains rêves. Mais bon sang, je suis heureux de voir que l'on rêve toujours ! Et je dédie ce film à certains de mes amis écologistes sincères et personnes respectables ayant mis leurs convictions en ligne avec leur propre vie mais qui m'agacent lorsqu'ils sanctionnent d'avance toute idée technologique, toute innovation ...

En quoi ceci nous concerne-t-il ?
Certains me disent: "cet avion ne volera jamais, ce bateau n'emportera jamais de passagers, cette voiture électrique est un non-sens nucléaire". Alors bien sûr, quel est le coût écologique de toutes ces expériences, va-t-on refaire les mêmes erreurs avec les technologies vertes comme le solaire qu'avec le nucléaire car ce sont des échecs du point de vue environnemental ?

Ce sont de vraies questions ET en même temps, j'ai très peur qu'après un siècle de foi aveugle en le Progrès, on tombe dans l'excès inverse et qu'on revienne à des réflexes frileux et dépressifs sous couvert de "bien-pensance" écologique.

Tout ceci nous concerne car, je vous livre ma conviction, pour résoudre les problèmes économiques, sociaux et écologiques qui nous assaillent, il nous faudra accepter de réaligner notre consommation sur nos vrais besoins tout en investissant massivement sur de nouvelles technologies. Comme toujours, il y aura des essais et des erreurs mais le choix n'est pas ici entre foncer aveuglément vers la High Tech et revenir aux cavernes (voir les polémiques sur le climat avec C. Allègre), il n'y a pas de choix d'ailleurs et ceux qui raisonnent ainsi de façon arbitrairement binaire m'exaspèrent car nous risquons de lâcher la proie de solutions applicables pour l'ombre du débat polémique.

Nous devons à la fois parier sur les innovations technologiques ET remettre en cause notre modèle de croissance !

mercredi 20 juillet 2011

TED Global et TEDx: les nouvelles du front !

Chers amis, je vous ai entretenus ici et là de notre projet TEDxMetz dans le cadre du développement du phénomène TED. Voici le moment de faire le point de l'actualité de TED et de faire des annonces.

TEDxMetz en 2012
Notre équipe d'organisation n'était pas encore complète que l'entreprise qui accompagnait ce projet disparaissait ! J'ai donc poursuivi seul le projet qui devrait prendre corps en Mai 2012.

Je vous en rappelle le thème: les transformations discrètes. Reprenant l'idée de François Jullien qui n'a d'ailleurs pas répondu à mon invitation, nous proposons de décrire en pleine période de ce qui est de plus en plus une crise structurelle lourde les transformations discrètes déjà présentes autour de nous mais imperceptibles, celles qui aideront à passer le cap des grandes ruptures. Trois sessions s'enchaîneront: les transformations de l'individu, celles de l'entreprise et enfin celles de l'environnement. Plus de vingt "speakers" ont dans un premier temps accepté de nous rejoindre, nous verrons ceux qui pourront nous accompagner dans ce décalage de dates.

La ville de Metz a également donné son accord pour ce projet. Nous mettons désormais l'accent sur la recherche de sponsors entreprises et universités. Si d'autres institutions réalisent l'importance du phénomène TED et veulent voler au secours du succès, nous les accueillerons certainement.

TED Global à Edimbourg
Je rentre tout juste d'une semaine passée à TED Global qui se tenait à Edimbourg et dont le thème était "The stuff of Life". Je suis rarement aussi admiratif et j'ai déjà un peu "voyagé" mais là, je peux vous assurer que sur le fond comme sur la forme, cela valait le déplacement. Je vous propose ci-après l'une des premières vidéos mises en ligne, celle de Tim Harford sur "the God Complex":
Il faut imaginer environ 850 "congressistes" dont une cinquantaine de TEDxorganizers (les TEDxers), une centaine de "speakers" plus les TED fellows et le staff de TED.com et quelques invités le tout sur au total toute une semaine dont trois jours et demi de conférences TED.Une sorte de "Davos" des idées nouvelles !

J'ai découvert et parfois rencontré: un artiste français JR lauréat du TED Prize, une musicienne cybernécienne planante à TED University, Imogène Heape, un artiste de l'éphémère manipulant du sable en musique Juan Castillo, plusieurs dirigeants d'ONG très convaincants dont Bunker Roy qui dirige "Barefoot Villages en Inde et dans tout le tiers monde et surtout Justin Hall Tipping qui a fait un exposé parfait sur un sujet qui est une révolution dans l'histoire humaine et non seulement un remède aux crises financière et environnementale le tout à base de nanotechnologies du graphite appliquées à la captation, transformation, distribution et stockage de l'énergie et j'en passe. Je vous ferai peu à peu découvrir certaines de ces conférences majeures.

Le but de TED est atteint: divertissement, technologie, concepts mais aussi état d'esprit et qualité de la relation entre participants avec les intervenants et les organisateurs. A noter que les TEDxers sont en train de créer un réseau mondial d'organisateurs qui projètent de travailler ensemble à l'avenir ... je vous en dirai plus ultérieurement.

Pour un coût bien plus abordable, nous projetons de nous inspirer de cette expérience pour amener à Metz ces idées et cette pratique intelligente et humaniste du "story telling" décriée il est vrai par quelques activistes dogmatiques mal informés.

Evolution de ce blog.
En outre, le présent blog devenant très "gros", relativement visible mais très divers dans sa thématique, il continuera à exister mais comme recueil des articles qui seront publiés par la suite dans des blogs plus spécialisés. L'un de ces blogs sera ainsi dédié à l'actualité TED et TEDx. Plus bientôt, je repars en voyage !

mercredi 6 juillet 2011

Faut-il négocier avec les terroristes ?

Cette dernière semaine a été marquée par la libération de deux otages en Afghanistan, tant mieux (la photo ci-contre à droite provient du site de FR3.fr). Je voudrais profiter de l'événement pour répondre à la question du titre, saluer le travail des négociateurs de l'ombre et présenter une excellente méthode de négociation.

Nous l'avons entendu maintes fois, les politiques disent: "nous ne négocierons pas avec les terroristes !" Faut-il les croire ? Faut-il suivre les journalistes qui immédiatement lancent la polémique: qu'est-ce que le gouvernement français a donc lâché ? Avant de répondre à la question-titre et de vous raconter une petite anecdote personnelle, je voudrais vous présenter une vidéo longue de William Ury, elle n'est pas traduite, la voici pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur l'un des deux fondateurs de la méthode de négociation raisonnée développée à la Harvard Law School:

J'espère bien que certains d'entre vous auront la patience de l'écouter jusqu'au bout car il s'agit de l'expert mondial n°1 du domaine. Voici une seconde vidéo beaucoup plus courte dont j'ai eu l'occasion de faire la traduction des sous-titres sur TED.com et que je diffusais à l'occasion des voeux de la nouvelle année. La revoici:

En très résumé:
Vous pouvez négocier selon trois modes principaux: sur la base d'un bras de fer (la guerre par un moyen pacifique), le marchandage ou la négociation raisonnée, celle dont parle Ury ici. Cela fait presque 30 ans que je connais ses livres et ceux de Fisher et même que je les enseigne pour partie et cela fait seulement une semaine à l'occasion d'une formation fort bien faite que je viens de comprendre ce que  nous redit W Ury dans la première vidéo ci-dessus: nous passons l'essentiel de notre temps à négocier en famille, au bureau, avec soi-même aussi. Et bien sûr à l'occasion des grands conflits de notre temps. Les conflits sont partout: ouverts ou larvés, armés ou au tribunal, assumés ou ignorés ... Autant comprendre de quoi il est vraiment question car il ne s'agit pas d'une simple recette mais véritablement d'une révolution de l'Esprit ! Au passage, reportez-vous à leur livre de base en français: Comment réussir une négociation.

Le principe:
Dès que deux points de vues se rencontrent, ils peuvent s'opposer. Si l'on laisse les énergies et les émotions se masser derrière les positions des protagonistes, on arrive à la guerre totale ... jusqu'à ce que l'amoncellement des cadavres les amène à négocier ! William Ury rappelle que les sociétés traditionnelles "stables" disposent d'un moyen d'éviter le conflit: la troisième force, "the third side". Un principe de médiation naturel: la pression informelle de la communauté des proches et des amis qui amène à découvrir la position commune viable pour les deux protagonistes sans en venir à la guerre ou au meurtre.

Le principe du médiateur est de retrouver la voie de cette troisième force, de créer les conditions de la négociation (voir mon article sur le sujet ici). Puis, se tient la négociation proprement dite qui consiste à distinguer les personnes du problème, "être doux avec les gens et durs avec le problème". Il s'agit alors de discuter non pas des positions qui s'opposent mais de découvrir les intérêts de chacun qui sont cachées derrière et d'imaginer les options les meilleures qui vont permettre de trouver un accord durable.

Les anecdotes:
Ecoutez d'abord celles de William Ury.

Cependant, comme vous le savez, j'aborde le plus souvent des sujets vécus personnellement. Je vous parlerai bientôt d'un conflit d'entreprise que je vis maintenant depuis 4 ans mais en attendant de l'avoir enfin résolu et tout en enseignant partiellement les techniques de négociation moi-même, je continue à me former, ce que j'ai fait la semaine passée au sein de l'Ecole Centrale à Paris sur le thème de la Négociation Raisonnée de Harvard par Philippe Hardier du cabinet GT Conseil que je recommande. Comme je le disais, nous négocions tout le temps. En même temps, les conflits explosent tout autour de nous car il est de plus en plus difficile de les traiter par la force, le mépris ou l'autorité "hiérarchique" surtout quand les média s'en mêlent ... Il va donc falloir apprendre à négocier. Et quel est l'obstacle majeur à la négociation dont le champ s'élargit chaque jour ? Comme le dit W. Ury, c'est ... nous-mêmes ... qui sommes les jouets de nos émotions et de celles de nos interlocuteurs !


Le paradoxe du gourou de la négociation:
Voici donc une petite négociation paradoxale dans laquelle j'ai été partie prenante. Paradoxale car elle illustre ce que je viens de dire et pourtant elle m'oppose à l'un des plus éminents représentants de la méthode Fisher et Ury en France. Cet homme connu dans son milieu, préfacier et auteur de divers ouvrages dont certains sont fondamentaux, forme des négociateurs. Voulant compléter mon cursus de médiateur par un rafraichissement sur la méthode Fisher et Ury sans aller à Boston cette année, en ce mois de Février, je contacte son secrétariat pour trouver une place dans l'un de ses stages. Possible malentendu à l'énoncé de mon profil, il semblerait que ce cabinet pourrait me proposer une collaboration alors que je ne demande qu'une formation. Echange très courtois et agréable puis pas de son, pas d'image pendant deux mois.

Ma formation à la médiation entamée, je rappelle et je sens alors que l'on ne veut ni prendre mon inscription ni me dire pourquoi. Après plusieurs rappels et force insistance, je ne peux toujours pas parler au "gourou" mais je comprends qu'il ne veut pas prendre le risque de me former car il craint de créer ainsi son propre concurrent ! Je pourrais en effet enseigner cette matière très porteuse mais ce n'était pas mon intention de le concurrencer et  de toute manière, je crois qu'il y a vraiment beaucoup de place pour cette matière sans s'en prendre au gâteau d'un gourou !

En quoi cela nous concerne-t-il ?
Tout d'abord, j'ai découvert l'importance de ces techniques et surtout leur utilisation au sein d'un continuum qui va de la guerre à la paix et les limites de leur utilisation. On ne négocie pas quand on pense facilement détruire son ennemi ou lui prendre ce que l'on convoite.

Nous négocions quand nous y avons intérêt. Encore faut-il savoir le faire ! Le gourou ci-dessus m'a démontré que, même un spécialiste, peut partir en vrille rapidement suite à une mauvaise gestion de ses propres peurs et autres émotions et des malentendus. Son refus s'appelle en droit un "refus de vente" surtout s'il n'est pas ou mal motivé... Je ne l'ai pas attaqué en justice (j'avais une bonne "MESORE" ou "BATNA*"). J'aurais pu.  Cependant, alors que Ury et Fisher insistent sur la nécessité de se centrer sur les intérêts et le problème, le "gourou" n'a fait aucun cas de ma personne ... qui saura s'en souvenir et le raconter: la preuve !

J'ai également découvert à cette occasion la vertu cardinale de la simple question "pourquoi ?" qui permet même en cas de positions inconciliables (95% des négociations n'ont pas, au départ, de zone d'accord potentiel !) de trouver des options créatives de solutions communes car le "pourquoi" quand il est bien présenté met sur la voie de l'écoute active. Dans le cas du gourou au moins, malgré l'échec de notre négociation, j'ai rétrospectivement appris et compris que les meilleurs experts ne sont pas forcément ceux qui s'auto-proclament tels ! Faites ce que je dis ... pas ce que je fais ! S'il avait soudain changé d'attitude à mon égard, aurais-je maintenu ma demande à votre avis ? Absolument pas car il m'a démontré son manque de maîtrise tout en me faisant une démonstration éclatante mais par l'absurde de la nécessité d'être "congruent**", au moins en ce domaine.

Alors revenons au titre, faut-il négocier avec les terroristes ? 
Hé bien si vous ne pouvez pas libérer les otages par la force ou la menace, avec qui d'autre voudriez-vous négocier, avec leurs grand-mères ou avec leurs imams ? Evidemment qu'il faut, dans ce cas, négocier avec les terroristes preneurs d'otages. Et que faut-il lâcher ? Le moins possible pour obtenir le mieux possible pour les otages et pour son pays tout en obtenant un accord de la partie adverse ! Et cela nécessite beaucoup d'écoute, de maîtrise et de "pourquoi ?". Je pense que M. Juppé plus que d'autres sait gérer ce type de situation. Bravo donc à son administration et bon retour aux otages.

* MESORE: MEilleure SOlution de REchange (traduction de BATNA)
BATNA: Best Alternative To a Negotiated Agreement
** Congruence: terme employé par le pyschologue Carl Rogers pour indiquer une correspondance exacte entre l'expérience et la prise de conscience. C'est ainsi que la congruence est la qualité majeure pour celui qui enseigne la pédagogie, écrit sur l'écriture, conseille les consultants, communique sur la communication ...

samedi 25 juin 2011

Solar Odyssey: l'aventure sans combustible embarque

Un mot sur le Salon du Bourget:
Pour poursuivre dans la veine de mon dernier billet, Solar Impulse a retenu beaucoup d'attention médiatique même s'il n'a pas pu voler du fait du mauvais ensoleillement. Preuve que le rêve technologique se poursuit, que les avions attirent toujours les petits garçons et que le solaire intéresse.

De Solar Impulse à Zehst:
Pour certains, Solar Impulse fait penser à l'avion à pédales et prête à sourire. Pour d'autres, c'est le rêve du Progrès qui se poursuit: on n'hésite pas à imaginer le voyage en avion hypersonique Paris-Tokyo en 2h30 en montrant la maquette du Zehst (photo à droite) qui volerait à Mach 4 avec des moteurs d'avion utilisant du kérosène "vert" (issu des algues) et des moteurs de fusée (Oxygène-hydrogène ...donc propres !). Un super Concorde dont les promoteurs regrettent simplement que "le voyage ne soit trop court pour permettre aux voyageurs d'apprécier les plaisirs de la Business Class !" Là vraiment, c'est un rêve que je ne partage plus du tout. Rêve pour les nantis tout au plus et faible utilité économique réelle. Notons cependant qu'il existe aux USA un projet de bombardier hypersonique qui a des chances d'être plus sérieux mais pour d'autres raisons.

Le rêve continue sur la mer
Revenons à l'électrique. J'y avais consacré un billet sur une voiture électrique, la Voltéis que m'avait fait connaître Jean Patrick Teyssaire de Planète Verte Mobilité. La semaine dernière, je parlais donc de Solar Impulse, l'avion. Voici aujourd'hui toujours grâce à Jean Patrick, Solar Odyssey, un trimaran électrique équipé de capteurs solaires et conçu pour traverser l'Atlantique puis faire le tour du monde, un projet porté par une PME Nantaise, Lemer Pax:

Quel est l'intérêt d'un tel projet ?
C'est dit dans la vidéo par Frédéric Dahirel, l'un des hélionautes et co-skipper: plutôt que de vainement sponsoriser la Formule 1 ou les courses à la voile, pourquoi les sponsors ne chercheraient-ils pas plutôt à arrimer leur image à un projet qui fait la promotion d'une transformation discrète majeure: celle des véhicules sans combustible embarqué ? Dit comme cela vous voyez que cela peut donner un peu plus de sens à un jeu qui n'est pour l'heure que d'image. L'idée est en effet comme l'a fait Solar Impulse d'attirer les sponsors pour réussir d'abord à battre le record de la traversée de l'Atlantique puis celui du tour du monde. A noter que j'aurais bien aimé qu'un hybride voile-solaire fût inventé à cette occasion mais cela n'aurait pas permis l'homologation des records. Et puis comme la finalité est la communication, il importait que le concept fût simple. En outre certes, il s'agit de la coque de Foncia, un voilier, mais Solar Odyssée n'a plus de pied de mât, de puits de dérive ni l'envergure nécessaire pour naviguer à la voile. Il a été totalement transformé. Cependant, notez aussi à cette occasion la notion de recyclage !

En quoi sommes-nous concernés ?
Je pense aussi à ceux qui ne croient ni au solaire ni au moteur électrique. Prenons justement un peu de champ: en 1880 Gustave Trouvé faisaient naviguer dans le Bois de Boulogne le premier canot électrique (photo ci-contre à droite tirée du site: www.bateau-électrique.fr).

Plus de 130 ans de développement des moteurs thermiques et comparativement rien ou presque (sauf dans les sous-marins et les tondeuses à gazon...) pour le moteur électrique mobile pourtant plus propre et plus silencieux, pourquoi ? Les moteurs électriques ont toujours souffert d'avoir un fil (électrique) à la patte alors que le moteur thermique pouvait être mobile ... à condition d'embarquer son combustible ! Or justement, les technologies du vent et du soleil ont progressé au point de permettre à l'électrique de devenir mobile. C'est ce qu'ont en commun Solar Impulse et Solar Odyssey. Sans eux, et je crois d'avantage à Solar Odyssey, il ne serait pas possible, dans le jeu médiatique actuel, d'intéresser les "forces vives" à de cette recherche pour l'avenir.
Et c'est promis, la prochaine fois, on parle des nouveaux capteurs fins.

vendredi 17 juin 2011

Solar Impulse: quel rêve pour quelle réalité ?

Quand j'étais petit garçon dans les années soixante (1960s, pas 1860s !), les magazines que j'apercevais montraient souvent des images du progrès technique et scientifique représentées par les avions, et les fusées.  Cela faisait rêver les petits garçons et le monde entier. Certes  dans le même temps, les Mirages israéliens clouaient au sol les aviations syriennes et égyptiennes et les B52 américains noyaient la jungle vietnamienne sous des tonnes de défoliant ... Mais c'était pour la bonne cause et ce qui surnageait alors, c'était que la science et la technique portaient notre Société vers le Progrès ! Deux secteurs économiques symbolisaient ce progrès: le secteur pétrolier et le transport aérien. Chacun mettait ou espérait mettre un peu d'essence dans sa propre voiture pour le dimanche aller se promener à Orly et voir les avions avant de pouvoir  un jour y monter soi-même ... Le rêve et la réalité du progrès grâce au pétrole et au transport aérien ! A l'occasion du prochain salon du Bourget, les media nous présentent maintenant cet avion suisse propulsé à l'électricité produite par les capteurs solaires placés sur la la voilure.

Le rêve toujours mais sans pétrole ... Retour aussi aux images des premiers "plus lourds que l'air". Et si demain, les avions volaient grâce au solaire ? Rêve renouvelé ou illusion ? Déjà le prototype a dû recharger 40% de ses batteries au sol à une prise de courant... Quand on connaît le rendement des capteurs actuels, il est probable que nos longs courriers ne voleront pas ainsi avant longtemps !

C'est pourtant avec Solar Impulse le but que poursuit Bertrand Piccard (photo à droite): boucler un tour du monde sans escale et sans pétrole. Bon vent à lui. Vous pouvez trouver l'un de ses livres ci-après: Une trace dans le ciel

A cette occasion, je voudrais signaler deux débuts de réalité pour peut-être prolonger le rêve de façon tangible.

Vers des solutions relais et une poursuite du rêve:
FIAT, le constructeur automobile vient d'annoncer pour 2012 l'arrivée d'un revêtement fin intégrant des nano-capteurs solaires qui a un double avantage. Tout d'abord, le rendement électrique est sensiblement meilleur que celui des capteurs actuels, ensuite, s'agissant de revêtement fins voire d'une simple peinture, ce système serait peu coûteux à installer artisanalement comme industriellement. Le rêve technologique semble donc se prolonger. Il ne s'agira certainement pas de propulser complètement le véhicule mais de contribuer à recharger un moteur hybride et/ou les équipements électriques embarqués. Un bon début. Il y a encore un an, je croyais cette avancée technologique très éloignée et voilà que l'on commence à annoncer des applications pratiques dans les bâtiments, les véhicules, les appareils électroniques ... Je me propose de faire un billet plus précis sur ces nouvelles technologies très prochainement.

Vers un changement des usages et une forme de renoncement:
Ensuite, quelle est l'évolution prévisible du transport aérien ? La disparition du pétrole n'est peut-être pas pour tout de suite même si nous sommes probablement déjà au "peak oil". Cependant, nous pouvons  constater que le prix à la pompe s'envole et que des surtaxes sont déjà appliquées sur les billets d'avion pour compenser la hausse du prix du kérosène. Il n'y aura donc peut-être pas de grand soir écologique mais une transformation économique discrète: le renchérissement progressif du coût du transport et particulièrement du transport aérien devrait en réduire progressivement l'usage. On pourra certainement encore bombarder Kadhafi pendant deux générations et par ailleurs aller en avion en vacances ou en réunion à l'autre bout de la planète. Il faudra simplement être de plus en plus riche pour cela.

En quoi ceci nous concerne-t-il ?
On peut donc imaginer que les prédictions des économistes de la décroissance se réaliseront ici d'elles-même. Comme on peut prendre ses vacances dans le Cantal et qu'il est déjà largement possible de tenir ses réunions avec Skype sans sortir de son bureau, le voyage aérien a des chances de se limiter plus ou moins rapidement aux usages vraiment essentiels. Il faut donc aussi s'attendre à ce que les industries du tourisme de masse en soit lourdement touchées. Enfin, d'ici-là peut-être les nano-capteurs et d'autres technologies auront alors suffisamment progressé pour proposer des solutions relais c'est-à-dire plus économiques et accessoirement moins coûteuses également pour l'environnement. Il résulte de ces deux évolutions que le rêve reste permis mais que les transformations discrètes en cours annoncent donc A LA FOIS des solutions technologiques possibles mais aussi des remises en cause majeures de la société de consommation et du gaspillage telle que nous la connaissons.