Et voici le septième intervenant de TEDxlaDéfense. La monnaie, complémentaire, comme moyen de créer et de densifier les liens quand l'économie déraisonne selon Etienne Hayem. Ce fut un moment d'émotion car la salle a ressenti que malgré son jeune âge, le benjamin de notre TEDx capitalisait beaucoup de vécu.
Voici la vidéo:
Le rêve:
Etienne nous a fait part de l'importance qu'avait eu pour lui TED puis il nous a raconté son rêve de gosse. Dans ce rêve d'enfant, il comprend qu'il ne sert à rien de braquer une banque, d'avoir de l'argent et même d'avoir tout ce que l'on veut ... si l'on est seul en fin de compte à pouvoir en profiter. Dans son rêve, Etienne peut aussi réveiller qui il veut et le voilà parti, devenu grand, dans ce qu'il appelle une "quête d'abondance" où la richesse n'est pas dans la monnaie mais dans le lien et le partage qu'elle permet. La finalité prime sur le moyen.
Voici ce qu'il dit de son expérience avec nous dans son blog.
Voici ce qu'il dit de son expérience avec nous dans son blog.
Au passage une citation:
"Ils ont échoué parce qu’ils n’ont pas commencé par le rêve'" . Etienne ne la reprend pas mais moi si, à la marge d'abord parce que je n'ai pas réussi à convaincre mes collègues d'adopter dans une mission de conseil un language direct et une option ambitieuse, il n'y a pas pire dormeur que celui qui ne veut pas se réveiller. Et pour le fun ensuite parce que François Hollande l'a reprise dans un discours en Janvier 2012 en se trompant car il l'a attribuée à William Shakespeare alors qu'elle est de l'un de ses lointains descendants contemporains journaliste au "Telegraph" de Londres !
Le message:
Tout commence donc pour Etienne par un voyage d'étude au Mexique puis en Argentine. Il y côtoie des "vrais humains" appauvris, marginalisés voire désocialisés du fait de l'explosion de leur dette et de leur incapacité à rembourser comme son ami et mentor Manolo. Impact des crises qui ne sont pas l'exception mais la règle et des intérêts composés qui seraient "la plus grande force qui existe" ! Qu'il s'agisse de la dette immobilière de Manolo ou de la dette souveraine des Etats, la force des intérêts composés et l'impact des crises à répétition semblent en effet impossible à contre-carrer...
Et pourquoi ? Et si le système financier et monétaire était simplement mal conçu ? Et s'il s'agissait de se réveiller pour ne plus courir après l'argent mais utiliser l'argent dans toute sa dimension de création de valeur par le lien ?
Facile à dire mais quand on n'a plus d'argent du tout comment échanger ? C'est justement l'intérêt des monnaies complémentaires.
Je vous renvoie à un article que j'avais déjà écrit sur Etienne et sur les monnaies complémentaires, ici.
Je ne sais pas si Etienne a "réveillé" nos visiteurs mais il n'a certainement pas laissé la salle indifférente.
En quoi sommes-nous concernés ?
Concernés par les crises, nous sommes menacés des mêmes dangers que Manolo. Je retiens en outre cette idée de résilience monétaire qui nécessite une certaine diversité de moyens d'échanger (monnaies) qui renvoie à des articles que j'avais écrits pour traiter de résilience en écologie ici, ici et ici.
Etienne reprend sur ce point les théories de Bernard Liétard. N'avoir qu'une seule monnaie ou seulement quelques monnaies internationales renforcerait l'asphyxie monétaire des classes moyennes pendant les crises. Avoir une pléthore de monnaies locales ne serait guère mieux qu'un système peu efficient de troc. En revanche disposer en plus des grandes monnaies de monnaies complémentaires solides permettrait de créer pour les précaires et pour les autres un surcroît de richesses et de lien social.







