jeudi 5 décembre 2013

La gouvernance française peut mieux faire

Suite à mes divers articles sur la Gouvernance démarrés par une réflexion sur la Morale Publique, voici une courte référence extérieure proposée par l'ONG Internationale "Transparancy": la France doit beaucoup mieux faire.

Transparency International France 

Cette ONG appelle à faire enfin de la lutte contre la corruption et de l’éthique publique une Grande cause nationale. Les coûts de la corruption en période de crise - pour les finances publiques, pour la confiance des citoyens - font qu’il y a urgence à mettre en œuvre un véritable plan national d’action.

Elle incite (voir ici) l'ensemble des citoyens mais aussi le gouvernement, les élus, les entreprises, et toutes les organisations de la société civile à soutenir son appel.

De quoi s'agit-il ?

De classer les pays selon la perception de la corruption pratiquée par ses représentants et institutions.


La vidéo ci-dessus décrit sa campagne de signatures actuelle en France, la suivante est un extrait de reportage réalisé par une chaîne africaine.


Qu'est-ce que cela nous apprend ?

Vous comprendrez que les faits visés par nos précédents articles relatifs à l'Ecotaxe et pas encore au centre du débat sur cette mesure fiscale relèvent bien de l'objet de cette ONG. Mais ils ne sont pas encore "perçus" par elle car aucun jugement n'est encore intervenu. Que dit le rapport publié cette semaine ? Le rapport pourrait être plus transparent lui-même sur sa méthode. Il décrit essentiellement la perception de la chose dans l'opinion et à travers l'arsenal judiciaire. Attention, ce point capital est généralement oublié par les journalistes simplificateurs. Je crains que le sujet ne nécessite une méthode nettement plus incisive. C'est pourtant déjà un début.

La France se place au 22ème rang mondial, 9ème européen, voici la carte:

Le rapport illustre son propos de cas jugés. Il indique que des lois et des mesures ont été prises récemment en France (qu'il reste à appliquer) et que donc les choses vont dans le bon sens mais que notre pays n'est pas ce phare planétaire que l'on se plaisait parfois à imaginer et à présenter en exemple au monde médusé ...

Ce sont sans surprise les partis politiques qui sont présentés comme les plus corrompus ...

L'arbre qui cache la forêt ...

Ce rapport a le mérite d'exister. Il a deux limites. Il classe un résultat qui confond un phénomène et la plus ou moins grande habileté de ses auteurs à le dissimuler ... Or notre toute puissante "Puissance Publique" est très habile et très complexe ... Ensuite, comme nous l'avons vu avec l'Ecotaxe et avec la Douane en général, il ne s'agit pas seulement de la corruption de quelques Cahuzac. Ce serait trop simple. Il s'agit certes de corruption de la part d'élus ou de gouvernants mais pas seulement et aussi de dysfonctionnements structurels et de profonde incompétence, terreau dans lequel la corruption prend alors plus facilement racine aux niveaux intermédiaires et subalternes.

En quoi sommes-nous concernés ?

Le rapport a une intéressante conclusion que je prends comme une hypothèse et non comme une vérité révélée. Il met en évidence que les pays les plus corrompus en Europe (Italie et Grèce) sont aussi les plus endettés ... Une piste donc qui semblerait nous indiquer que chasser la corruption de la maison n'est pas seulement une mesure vertueuse, bonne pour la Morale et le Salut de nos Âmes, mais qu'il y aurait peut-être une vraie corrélation entre corruption et qualité des résultats économiques et sociaux...


jeudi 21 novembre 2013

Enjeux et réalités de l'ECOTAXE, partie 2: le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt

La grande Presse s'est emparée de l'affaire de l'Ecotaxe à cause des activistes aux bonnets rouges et du ras-le-bol fiscal mais revenons au contenu réel de ce projet mal né.
© BERTRAND LANGLOIS / AFP
 
Le film du projet Ecotax avant les bonnets rouges

Suite à 20 ans de réflexion "intense", la puissance publique avait enfin décidé d'agir dans l'intérêt des entreprises, de la communauté nationale, de la qualité de l'air et des finances publiques et cela dans une logique d'harmonisation fiscale européenne. Mais il fallait aussi faire vite car la chose avait traîné et c'est ce qui a été fatal. Revenons un peu aux grandes étapes de la genèse du projet.

1993: la Commission Européenne lance un projet européen d'Ecotaxe
2009: décision de l'état français sous la responsabilité de J.L. Borloo alors ministre du Développement Durable et suite à un vote de l'assemblée (16 ans tout de même).
Août 2009: appel d'offres du ministère du Développement Durable
14 janvier 2011: la commission d'experts classe Autostrade n°1
8 Février 2011: contrat passé avec Autostrade (Ecomouv), la Douane supervisera le consortium Ecomouv et démarrage prévu en fin d'année (presque 2 ans plus tard).
Octobre 2013: démarrage (après plusieurs reports soit deux ans de retard de plus) annoncé pour Janvier 2014 car le dispositif n'est pas opérationnel
Novembre 2013: quelques portiques sont détruits en Bretagne
Juin 2014: nouvelle date de démarrage annoncée par le Premier Ministre.

Dans le monde de l'Entreprise, on apprend une importante notion, le "time to market". Agir dans le temps juste. Désormais, on voit que le projet a du "plomb dans l’aile". Il aura mis 20 ans à maturer, a été confié à une administration, un chef de projet et un opérateur privé mal choisis et se heurte maintenant à des obstacles politiques qui les dépassent. Sur ce dernier point, nous avons vu cette semaine le Premier Ministre reprendre son ministre de l'écologie, Philippe Martin qui avait indiqué que le temps était sans doute venu d'enterrer le projet pour cause de ras-le-bol fiscal.

Pas grand monde sans doute ne pleurerait le retrait de l'Ecotaxe sauf les jeunes lorrains en cours de formation. C'était pour eux une reconversion inespérée or ils semblent encore en attente de leur contrat de travail de la part d'Ecomouv. Mais revenons sur la cause intrinsèque de l'échec de ce projet, une cause juridico-technique qui fait que le ministère et l'administration concernés déjà citées et cependant exonérés de toutes critiques jusqu'ici se sont tout simplement pris les pieds dans le tapis mettant dans l'embarras un gouvernement qui a simplement hérité d'un projet mal conçu et mal réalisé. Voici le résumé de l'histoire. 

Il y avait peut-être un ver dans le fruit

Bien conseillé par la cabinet suisse Rapp Trans AG, le gouvernement avait en effet choisi un partenaire italien, Autostrade, à la suite d'un appel d'offres pour le moins controversé (voir l'article du Point). Ce partenaire ne possédait certes pas la technologie mais assurait pouvoir tenir les délais et il fallait bien ça pour espérer rattraper les retards accumulés dans la longue genèse du  projet. Peu importe que contrairement à la règle en matière d'appels d'offres Rapp Trans AG ait aussi été le conseil d'Autostrade ! Un concurrent franco-espagnol, Sanef, proposait pourtant non seulement une technologie éprouvée mais aussi une infrastructure déjà largement installée puisqu'elle sert déjà depuis des années pour les télépéages. Pourquoi alors a-t-on préféré Autostrade (lire ici pour plus de détails) ? Au fait, qui trouve-t-on derrière ou aux côtés d'Autostrade ? Benetton et Goldman Sachs !

C'est un mystère d'autant plus épais que le président de Sanef, M. Pierre Chassigneux ancien chef de cabinet de F. Mitterrand et ayant dirigé les services de renseignements (résumé de carrière ici) faisait savoir, selon Mediapart, au directeur de cabinet de François Fillon ceci: "Ajouté au risque politique évident que présente déjà l'instauration d'une taxe poids-lourds, celui d'un cafouillage de mise en place dû à l'incapacité de l'opérateur choisi, additionné à un risque de contentieux (...) dont l'issue ne fait aucun doute me paraît une forte accumulation de facteurs négatifs". Puis, il se décidait à porter l'affaire devant le Service Central de la Prévention de la Corruption (SCPC) le 8 février 2011 et enfin devant le procureur de Cergy Pontoise après une enquête préliminaire de la Brigade de répression de la délinquance économique. Le 8 Mars 2011, l'appel d'offres était annulé sur des motifs de forme: "contraire à la fois au principe de transparence[et]au principe de l'intangibilité des candidatures". Il était encore temps de redresser la barre mais le Conseil d'Etat remarquablement diligent annule cette décision le 24 Juin 2011 (voir le site du CE ici). 

Ensuite, M. Chassigneux partait en retraite (lire ici) remplacé le 14 Décembre 2011 par Alain Minc à la présidence de Sanef (maison mère espagnole: Albertis) et tout rentrait dans l'ordre avec au passage un contrat en or massif au profit de l'exploitant Ecomouv (dont 70% remonte au consortium mis en place par Autostrade) qui s'installait chez nous, en Lorraine, région en grande souffrance, pour créer des emplois. Beau projet, rondement mené et une belle histoire donc jusqu'à ce que les Bonnets Rouges attirent l'attention sur cette affaire au point que le tribunal de Nanterre ré-ouvre le dossier et qu'une commission d'information de l'Assemblée se constitue ce mois-ci dans le but suivant: "Les députés souhaitent par cette mission transversale rétablir un climat de confiance et créer les conditions d'un dialogue constructif. Elle formulera des propositions visant à améliorer le dispositif existant" selon les termes du Président Bartolone (voir ici). Vous noterez encore et toujours que le ton reste extrêmement conciliant, il ne faut pas laisser le gouvernement seul et trouver des solutions d'amélioration. Mais s'agit-il d'améliorer ou de carrément reprendre tout à zéro ?

Tout faux sur toute la ligne !

Dans cette affaire, nous avons une illustration de ce que nous appellerions a minima une "Non Qualité" managériale à tous niveaux si nous étions dans une entreprise. Pourtant, personne ne semble vouloir en faire le "REX" (Retour sur EXpérience):

1 Lenteur de l'analyse due à la cohabitation des pouvoirs Europe/France. Dès la conception, le projet a pris du retard entre la Commission de Bruxelles et le Gouvernement Français, les échanges entre pays à cheval sur plusieurs dossiers (transports, harmonisation fiscale, écologie ...) n'ont pas été simples certainement.
2 Défaut de conception dû à la compartimentation politique et administrative. Le "produit" résultant, un impôt, n'est qu'un cataplasme fiscal sur une jambe de bois écologique dans la mesure où le transport routier n'a pas d'alternative réelle faute des projets correspondants (canaux, ferroutage ...). Cet impôt ne change rien à la situation du transport ni à l'environnement, il ponctionne et en cela affaiblit les transporteurs français et certaines régions ...
3 Management incompétent. Ce "produit" en retard et mal conçu est alors confié au mauvais pilote (voir dernier article et lire ici aussi) dans l'espoir que l'on rattrapera le temps perdu et que l'on repeindra rapidement l'action de l'Etat en vert.
4 Probables pressions et possibles pots de vin. Le choix de l'opérateur fait l'objet de suspicions (et de procès) car celui-ci ne possède pas la technologie à la différence de ses concurrents et, sans surprise, malgré un coût de concession exorbitant, il ne tient pas les délais. Les recours légaux ne trouvent portant rien à redire ! Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles comme disait Candide.
5 Mauvais timing. Les premiers tests tombent au pire moment dans un pays qui ne parvient pas à se réformer et dont les gouvernements baissent pavillon dès que la rue se fait entendre.
6 Pas de REX, ni d'apprentissage collectif, la confiance est entamée mais les responsabilités réelles ne sont pas établies. On retarde le projet et sans doute sera-t-il bientôt enterré, du même coup aucun apprentissage politique et citoyen collectif ne peut être fait.

Une gouvernance inconséquente qui pratique le déni.

La vraie cause de cet échec ce ne sont pas les bonnets rouges ni la Presse qui avait tout de même assez tôt mais timidement rendu compte des bizarreries de ce projet. La cause principale en est une gouvernance inconséquente, lente, frileuse et très coûteuse qui, tous partis, élus et hauts fonctionnaires confondus, finit toujours par s'auto-exonérer de ses responsabilités sauf quand le scandale fait les gros titres. Cette gouvernance-là a produit un système qui n'apprend pas de ses erreurs et dont la méthode est le déni !

Ce n'est pas l'Ecotaxe qu'il faut réformer, c'est cette langue de bois et cette méthode de Direction régalienne obsolète ! Beaucoup de gens y compris dans la Presse officielle commencent à le dire. On ne sait qu'inventer de nouvelles subtilités fiscales protégeant un système administratif et politique qui se sert lui-même en priorité. Car à quoi sert la collecte de l'impôt sinon en priorité à financer ce système ? Comment ne sursautons-nous pas quand on apprend que le coût de fonctionnement direct (et cela ne prend pas en compte le coût du projet ni les coûts indirects) représenterait 22% de la collecte d'un impôt comme l'Ecotaxe (250 millions sur 1,15 milliards de collecte, la même chose coûte 13% en Allemagne, ce qui est déjà un très mauvais rendement fiscal) ? Qui plus est, à ce rythme-là, chaque jour de retard coûterait 5 millions à l'Etat !

Le drame c'est qu'à la faveur des diversions médiatiques affublées de bonnets rouges, personne ne semble percevoir l'important. Le sage montre la lune et l'imbécile regarde le doigt. L'important, c'est la faiblesse, l'incompétence et la possible malhonnêteté des cadres de notre pays responsables de tels fiascos et notre incapacité à en changer.

En quoi sommes-nous concernés ?

Pourquoi devons-nous attendre que quelques activistes furibards défendant des intérêts catégoriels ou régionaux brûlent la propriété de l'Etat pour nous intéresser au résultat du travail de celui-ci ? L'Etat et ses fonctionnaires seraient-ils donc les seuls à n'avoir aucune obligation de résultat ?

Il est grand temps que l'on arrête de lancer des projets-cache-misère conduits par des incompétents dans un but illusoire et captés par des affairistes comme ce fut le cas de cette malheureuse Ecotaxe. 

Il est grand temps de repositionner un Etat conscient en face des mutations profondes qui requièrent de faire l'analyse sérieuse des retours d'expérience sur ce qui marche ou pas et de revoir ses missions-mêmes. Promettre d'améliorer une loi ou de renforcer la fermeté budgétaire, d'ailleurs jamais réalisée, ce ne sont jamais que répétitions de solutions qui ne marchent pas. A-t-on oublié que tout ce gaspillage se fait à crédit et que la dette publique n'a fait qu'augmenter depuis que nous en parlons depuis deux ans ?

Il est grand temps de comprendre qu'il ne va pas être possible de faire autre chose que de couper les branches mortes (et ses rameaux pourris aussi) au sein même de cet Etat qui prospère comme un mauvais syndic de copropriété, comme l'aristocratie de l'ancien régime et tout simplement comme une entreprise mal gérée ...

Il est donc grand temps que les citoyens reprennent en main leurs représentants et leurs commis administratifs (fussent-ils sortis de l'ENA, label peut-être prestigieux en France mais qui n'immunise visiblement pas contre la bêtise) et mettent en œuvre eux-mêmes les réformes de fond de l'Economie et de la Société que tout le monde attend. Seulement pour cela, comme le propose Etienne Chouard, il s'agirait que cela soit le fait des citoyens eux-mêmes et non des professionnels habituels de la "chose publique". 

Est-ce possible dans le calme et l'exercice de la Raison ou allons-nous en revenir à l'esprit de 1789 ?

mercredi 13 novembre 2013

Enjeux et réalités de l'Ecotaxe partie 1: rappels

L'actualité revient sur l'écotaxe à la faveur de l'action des "bonnets rouges". Revenons sur nos billets
précédents et examinons ce que la grande Presse ne laisse pas forcément filtrer.

Flash back

Il y a quelques mois je vous parlais, en régional de l'étape, d'une PME lorraine innovante, STVI, qui proposait un système nouveau et transparent permettant de régler intelligemment le problème de la taxation des véhicules de chantier à double carburation diesel taxable/non taxable. Un sujet qui ne fera jamais les unes mais qui fut instruit avec la même habileté et la même diligente "compétence" que le projet d'écotaxe par la même administration et les mêmes personnes.

Notre PME lorraine, STVI, est maintenant entre les mains d'une autre administration, la Métrologie. Spécialiste des mesures de débit d'un fluide dans un conduit (ex: les compteurs à gaz) et armée de textes règlementaires datant de 1945, personne ne doute du résultat de son expertise pour agréer un système informatique embarqué ... Ce système innovant est le résultat de recherches originales par des chercheurs de l'Institut Français des Pétroles ayant déposé un brevet en 2009, fruit d'un partenariat public/privé abouti, lui, à la différence de l'écotaxe ! Le cas de STVI n'avance pas, au contraire. Mais revenons à notre sujet. 

Que fait la douane ?

Henry Havard ex DGDDI
photo d'après http://videos.senat.fr
C'est donc la Douane qui a la responsabilité de cette nouvelle taxe, voir la vidéo qui présente ces activité par son responsable ci-contre. Ce chef de projet d'Ecotaxe déjà cité dans ce blog a fait l'objet cet été d'une "sanction" (voir ici), ce brillant Inspecteur des Finances avait un peu oublié les déontologies nationales et internationales qui prescrivent qu'un haut fonctionnaire "supervisant" des justiciables ne doit pas entretenir de relations privées avec ceux-ci encore moins se faire inviter par eux à des tournois de Tennis ou à des déjeuners.

Or ce dernier avait fumé de gros cigares en compagnie de divers politiques dans des repas luxueux offerts par les cigarettiers responsables de grosses évasions fiscales. Notre haut fonctionnaire n'aura donc plus non plus l'occasion de remédier à ce détail fiscal coûtant peut-être 300 millions par an à l'Etat. Il s'occupait en effet aussi de la perception des droits sur les tabacs et alcools relevant de la direction des Droits Indirects rattachée à la douane. Nous avions publié la réaction des syndicats internes de la douane et de quelques media discrets ...

Résultat: il a été renvoyé à Bercy, dans son Corps d'origine en Septembre. Comme pourrait dire Djamel Debouzze: " alors comme ça tu es muté avec tous tes avantages, ancienneté et salaires maintenus, donc là tu es en version puni ? Moi aussi j'aimerais bien être puni comme ça ! "

Pas de vagues, pas de gouvernance !

Il semble que la sanction évoquée seulement pour ses manquements déontologiques ne coûte finalement pas bien cher au fautif, son successeur ainsi que le gouvernement se retrouvent  héritiers de cette énorme patate chaude, l'écotaxe, qui fait maintenant les gros titres. Comme dans le cas de STVI, de la taxation sur les tabacs et aussi dans celui de la non perception d'une part importante de la TVA extracommunautaire, les mêmes incompétences sont à l’œuvre et ne sont pas réellement sanctionnées ni finalement jamais corrigées. 

Si dans une entreprise quelconque, on fermait les yeux longtemps sur de telles erreurs de gestion, sur la non-qualité systématique, voire sur des comportements fautifs que croyez-vous qu'il se passerait à la longue ? La conclusion que l'on peut en tirer avec en tête ce référentiel "entrepreneurial" que malheureusement on n'applique pas à la haute administration, c'est que nous avons-là une cause importante des dysfonctionnements de l'Etat et de la compétitivité déclinante du pays sur la scène globale. Peut-être faudrait-il chercher ici une cause structurelle de la dégradation de notre note Standard and Poors.

En quoi sommes-nous concernés ?

Au regard des dégâts causés par cette mauvaise gestion, illustrée par l'écotaxe et divers autres projets rappelés plus haut par la même administration, peut-être devrions-nous nous préoccuper davantage de la gouvernance à exercer non pas seulement sur les politiques et les élus mais aussi sur la haute administration. Et cela est notre affaire et notre responsabilité ... Ou bien sûr, comme les bonnets rouges, il est possible de se contenter de foncer tête baissée, de brûler les portiques et de chercher des boucs émissaires.

Notre prochain article rappellera, avec ce préambule en tête, l'historique et la situation présente de l'Ecotaxe.

samedi 12 octobre 2013

La Science de la Richesse

... Où l'on découvre un univers du "Développement Personnel" et aussi des pratiques managériales  d'entreprise étonnamment ancrés entre religion et business et philosophiquement éloignés de la culture et "humanités" françaises ... Voici un livre qui aide à recoller les morceaux.
Wallace D Wattles

Un auteur inconnu et influent

Le portrait de droite appartient à Wallace Delois Wattles un modeste prédicateur américain mort en 1913 et surtout auteur d'un livre le plus souvent traduit par  La Science de la Richesse. Je suis sûr que certains  se disent: "mais c'est ridicule, s'il y avait une science pour devenir riche, cela se saurait ..." Eh bien si et c'est le sujet du livre que je publie ces jours-ci en version bilingue sous la marque "Acatl Editions" sur Amazon:



Une théorie "attractive"

De quoi parle Wattles ? De foi ! Oui cet apprenti pasteur, exclu de chez les méthodistes pour ses sympathies réformistes en faveur d'une approche sociale-chrétienne vivait dans une extrême pauvreté et prêchait qu'une certaine approche du contrôle mental  permet d'obtenir richesse et santé. Il s'agissait de penser et de faire les choses d'une "Certaine Manière" ou comme je préfère le traduire: "une Manière Certaine". Et cela a marché pour lui ... en partie. De santé très précaire, il est mort à 51 ans ... avec la satisfaction de savoir que son livre se vendait si bien que sa famille aurait désormais de quoi subvenir à ses besoins. De son point de vue, il était enfin devenu riche !

Derrière cette conviction érigée en principe scientifique se trouve la foi remaniée et émergente des Eglises américaines d'origine calviniste regroupées dans ce mouvement de la fin du XIXème siècle nommé "Nouvelle Pensée". Et cet auteur, peu connu chez nous en dehors du milieu du Déveleppoment Personnel, apparaît dans l'édition américaine au moment précis où son propos matérialise parfaitement l'aspiration à la concrétisation du vertigineux rêve américain et de la société de consommation ...

Une pseudo-science entre "foi et fric"

Pourquoi diable s'intéresser à cet inconnu ? D'abord, à l'égal de ce que j'avais découvert avec Emile Coué, l'univers réel de Wattles est sociologiquement bien plus passionnant que les fables qu'on nous raconte souvent dans les bouquins de Développement Personnel. Ensuite, ce que démontre sa biographie, c'est que cet homme était sincère.

Alors ? La Science de la Richesse donnée à découvrir dans ce livre en VO et dans une retraduction personnelle très proche du texte d'origine est un curieux témoignage de cette foi calviniste rénovée qui se fonde sur le principe de la "loi de l'Attraction". En fait, ce livre en est l'un des "Evangiles" même si le terme "Attraction" n'y est pas utilisé.

C'est quoi l'"Attraction" ? 

Il s'agit de considérer que la nature de notre pensée oriente l'énergie de l'univers dont elle fait intrinsèquement partie. Si cette nature est positive, on réussit; sinon on attire la poisse ! Vous trouverez le détail dans le livre. Plus de 180 livres étaient en vente en français sur ce thème en Juillet dernier !

Et ce discours, à lui seul, tira Wattles de l'indigence, preuve pour lui de l'efficacité de "sa science". Et après lui s'ouvrit un énorme marché ... qui connaît actuellement un regain de forme du fait de la "crise".

Quelle importance ?

11 Milliards de dollards ! C'est la taille estimée du marché américain du Développement Personnel constitué notamment de petits livres sur: comment devenir riche, influant, bien portant, sexy ou mince ... Et cette loi de l'Attraction est la théorie de loin la plus souvent invoquée à l'appui des gourous qui ont investi cette important niche éditoriale. Ajoutons qu'en ce domaine comme dans d'autres, le marché américain se décalque sur un autre marché de même orientation mais plus vaste encore: le Marché Global !

Autre élément moins connu, sous différents aspects sur lesquels je reviendrai, notamment le principe de Pensée Positive et une nuée de techniques psychologiques qui en découlent, nous retrouvons cette "loi" à la manœuvre dans l'enseignement de nos grandes écoles après l'avoir été sur les plus prestigieux campus américains. Harvard, par exemple, a été l'un des creusets de la Nouvelle Pensée.

Ainsi donc, livres de Développement Personnel, stages motivationnels, enseignement du management, pratiques d'entreprises s'appuient en partie sur une base de croyances dont j'ai voulu retrouver et donner à lire, comme tels, les textes et contextes des histoires vécues originelles. D'où ce premier livre et il y en aura au moins deux autres. J'espère que vous aurez à coeur de les lire et même de les faire connaître.

J'ai voulu donner le "vrai" texte et les commentaires qui permettent de le situer. Libre ensuite aux uns et aux autres, croyants et sceptiques de se faire leur opinion. En plus, vous verrez, cela se lit vite.

Vieille histoire que voilà, pourquoi remuer ainsi la poussière ? 

Mais parce que nous sommes en "crise" et que ces petits livres, sous couvert de nous redonner de l'espoir, vendent un dogme qui vaut ce que valent tous les dogmes, à chacun d'en faire ce qu'il veut. Il m'a paru utile de les resituer, justement parce que la crise pousse beaucoup de gens à vouloir désespérer ... ou à vouloir croire ...

En France, nous sommes peu informés et très éloignés du phénomène évangéliste et des "Mégachurchs", qui s'inspirent du contenu de ce livre. D'où d'ailleurs notre incompréhension de certains aspects économiques, sociaux et politiques américains ... Certes, nous avons aussi nos propres dogmes religieux et politiques. Raison de plus pour être attentifs aux courants de pensée d'où qu'ils viennent. Ils influencent l'édition, le management et imperceptiblement aussi les discours "positifs" des dirigeants économiques et politiques. Peut-être apportent-ils du nouveau d'ailleurs ? A chacun de se faire une opinion.



mardi 8 octobre 2013

Le micro-crédit a le vent en poupe

Babyloan a fêté ses 5 ans le 2 octobre,  à l'espace au Comptoir Général, quai de Jemmapes dans le Xème à Paris, j'y étais. Le concept prend racine, la start up s'étoffe et l'on apprend que le micro-crédit va être facilité.

La croissance d'une start up solidaire

A l'occasion de TEDxLaDéfense, je vous présentais cette plateforme et son dirigeant il y a maintenant 15 mois. Comme le montre l'évolution du bandeau de son site ci-dessous entre ces deux dates, la croissance relative de cette activité est significative:


En cinq ans, ce site s'est imposé comme le n°2 mondial du domaine dans le monde. Certes, les montants sont encore faibles en valeur absolue mais les banques traditionnelles s'y positionnent. On sent qu'au delà des critiques pessimistes sur les méfaits de la finance mondiale dont nous nous sommes faits l'écho dans ce blog, il s'agit bien d'une piste de financement de l'économie dite solidaire qui s'impose peu à peu dans les esprits. La goutte d'eau fait une petite flaque et c'est heureux car pour moi l'économie solidaire n'est autre qu'une forme émergente de l'économie tout court.

Je vous avais dit que j'avais moi-même décidé de faire un prêt pour voir. Le projet que j'avais choisi était celui d'une jeune maman palestinienne éleveuse de lapins, il était proposé par une ONG locale, IMF. Ce prêt est désormais remboursé à 75%. L'expérience montre aux Babyloaniens que malgré les risques présentés par la plateforme, eh bien, ces prêts sont remboursés dans une très forte proportion. Cela permet au prêteur de récupérer son argent moins les frais initiaux versés à la plateforme ou de prêter à nouveau à un autre projet. C'est ce qu'ils choisissent la plupart du temps. C'est ce que je ferai.

Babyloan nous a présenté plusieurs entrepreneurs et aussi des collégiennes d'une école participant à un programme scolaire qui associe les classes volontaires au parrainage de certains projets que les élèves choisissent eux-mêmes. 

Les perspectives

Le gouvernement avec qui cette plateforme et d'autres sont en relation serait en train d'assouplir les règles permettant le prêt solidaire c'est-à-dire sans intérêt comme celui que pratique Babyloan mais aussi le prêt de particuliers avec intérêt. Ces mesures, si elles sont votées, permettront sans doute un essor encore plus important de la formule. Les projets financés en France sont déjà une réalité comme nous l'avons constaté avec deux témoignages mais devraient devenir plus communs. Nous avons aussi appris que d'autres pays assouplissent leur législation sur le contrôle des changes, c'est ainsi que le Maroc par exemple s'ouvre désormais et que Babyloan présentera prochainement des projets marocains.

Babyloan prépare de nouveaux projets capitalistiques visant à assurer son développement même si Arnaud Poissonnier, son président, indique qu'elle devrait rester dans le domaine des prêts sans intérêt. Des estimations indiquent que l'ensemble de ce nouveau secteur financier pourrait atteindre un volume d'encours de l'ordre de 6 milliards d'euros d'ici 8 à 10 ans.

En quoi sommes-nous concernés ?

Nous avons évoqué ici et à TEDx le fait que l'humain et le profit pouvaient se conjuguer. Il semble que cet exemple, certes encore tout petit, montre que c'est possible. La meilleure façon que vous auriez de vous en convaincre serait de faire comme moi: essayez. Ce n'est même pas de l'argent perdu !

Peut-être un jour prochain, les PME classiques pourront-elles se financer de cette façon ? Pour que ceci advienne il faudra que beaucoup d'autres choses changent mais enfin, en attendant, je voulais déjà partager cette note d'espoir car elle rejoint le thème d'une autre de nos intervenants de TEDxLaDéfense sur le financement de l'innovation. Il s'agit de Geneviève Bouché, ex-dirigeante de start up et présidente d'un club de Business Angels dont j'ai eu le plaisir de publier le dernier ebook que voici: Des business angels au crowdfunding


mardi 10 septembre 2013

La souveraineté du jury

Suite de notre dernier article. Des parents protestaient contre les notes partiales de toute une classe d'un lycée privé d'Agen au bac de français. Ils étaient reçus par le recteur le jour même (le 29 Août), je parlais de ce fait divers car il me semblait que pour une fois, à part la grande presse, tout le monde avait bien réagi.

Rappelons-nous qu'il y avait dans cette affaire un soupçon de partialité sur le jury qui avait demandé aux élèves de quel lycée ils venaient. Il aurait bien pu vouloir régler de vieux comptes entre privé et public, vieille passion triste à la française. Et de fait, les notes étaient toutes nettement inférieures aux attentes ce qui ne s'observait dans aucun autre groupe-classe comparable. Le résultat est tombé, "administrativement" on ne peut rien faire. Les notes suspectes ne changeront pas. Mais le recteur précise que si certains élèves sont un peu "justes" pour avoir leur bac ou une mention, on leur ajoutera quelques points... Un jugement de Salomon ... qui pousse la poussière sous le tapis.

Au fond, tout reste bien sobre et bien mesuré. Parents et élèves apprennent à composer avec la toute puissance des représentants de la République et s'il le faut, on saura arranger le coup le cas échéant .. Mouais ... les apparences sont sauves et tout le monde apprend à vivre avec un système arbitraire et qui n'a pas dans ses gènes la capacité à apprendre de ses erreurs. Pourquoi voudrait-on réformer la perfection ?

L'histoire ne dit donc rien en effet sur ce que le "process" républicain aura pu "apprendre" sur lui-même de cet incident et l'on peut douter que l'on aura à cœur "en interne" d'élucider le problème sous-jacent. Je regrette que le journal Sud Ouest qui est, semble-t-il, le seul à rendre compte de l'affaire, n'évoque même plus le fait générateur de ce qui est peut-être un abus de pouvoir (avec en arrière plan des querelles pubic/privé)... Comme si une telle éventualité n'était même pas envisageable.

Nous verrons dans un prochain article que nous avons ici un exemple d'un fonctionnement que l'on retrouve à des niveaux beaucoup plus élevés de l'Etat et que les mêmes causes produisent les mêmes effets ...c'est à dire aucun effet ! Il me semble que ces parents et ces enfants-là, comme nous tous, devrions être plus exigeants sur la qualité et l'impartialité des décisions de notre fonction publique dont la réforme en profondeur semble partout moins que jamais à l'ordre du jour. A suivre.

jeudi 29 août 2013

L'Ecole, la Presse et les passions françaises

En cette veille de rentrée, voici une petite réflexion suite à une nouvelle de ce mois d'Août. Un parent d'élève a rendez-vous ce soir avec le recteur de son académie (Bordeaux) pour évoquer le cas de sa fille et de ses 20 camarades de classe injustement notés, selon lui, au bac français de juin.

Le scoop
Crédit photo: Sud Ouest, T-DV
6/20 en moyenne (de 2 à 10/20) pour la section littéraire passée en totalité devant un jury qui a, à chaque fois, insisté pour connaître le nom de leur lycée, Saint Caprais ci-contre, un lycée privé d'Agen. Pendant le même temps, la section scientifique du même lycée passait devant un autre jury qui ne posait pas cette question et obtenait des notes correctes et conformes aux notes nationales habituelles. Vous trouverez plus de détail de l'affaire dans Sud Ouest.

L'interview bâclée
Bon, sans doute pas terrible comme scoop. En fait, je n'étais pas informé de ce "fait divers" et bien qu'ayant une fille qui a passé cette épreuve-là en Juin, je n'étais pas spécialement intéressé par le sujet jusqu'à ce matin. J'ai, en effet, entendu l'interview du parent d'élève qui a pris la tête de ce que "20minutes", jamais en panne d'un bon mot, appelle une "classe-action". Cet interview est celle d'un parent (Virgil Javorski) à Europe Un (Europe matin) un peu avant sept heures ce Jeudi 29 Août. Le journaliste, sans doute excédé d'avoir à s'occuper des "chiens écrasés", a semblé peu à l'écoute de ce parent et plus préoccupé par ses "bons mots" à lui que par son sujet. L'interview fut introduit par un cliché, une question-alibi et un jugement moralisateur qui donnaient à peu près ceci (citation approximative):
 "il n'est pas courant qu'un parent décide de passer un oral pour sauver celui de sa fille, qu'est-ce qui vous a poussé à prendre rendez-vous avec le recteur, vous vous rendez-compte si les recteurs devaient recevoir tous les parents dont les enfants ont eu une mauvaise note ... ?".

La réponse professionnelle
Heureusement, ce monsieur fut précis et neutre: 
"nous sommes 21 parents à avoir écrits au rectorat et c'est le recteur qui m'a proposé ce rendez-vous et je corrige la présentation que vous avez faite: ma fille n'est pas une brillante élève mais plutôt moyenne mais ses camarades et elle sont 21 à avoir des notes ne correspondant pas à leur niveau, ils sont tous passés avec le même jury, tous ont dû dire, contrairement aux règles de cet examen, de quel lycée ils venaient..."

L'arrogance d'un journaliste qui ne connaît même pas son dossier, qui tronque ou change les faits pour faire un mot et qui, en plus ensuite, houspille l'interviewé, me dérange. Par chance, en peu de mots, le parent d'élève fut nettement plus professionnel que le journaliste qui ne put s'empêcher de finir en parlant du "grand oral" de ce papa et de lui conseiller avec une superbe condescendance de s'entraîner , pour avoir une bonne note, à faire court et d'être concis. Pour moi, ce journaliste que je ne connais pas, car j'écoutais Europe Un par hasard ce matin, ne mérite vraiment pas la moyenne. 

Chacun a bien fait son boulot
Il y a un peu plus. Je voudrais, en contrepoint de la médiocrité et de l'arrogance de ce mauvais interviewer, souligner l'exemplarité des acteurs de cette affaire. Qu'avons-nous en effet ici ?
1) Tout porte à penser à un règlement de compte sous-jacent entre privé et public, une vieille passion triste à la française et pour autant aucune accusation hâtive n'a été proférée.
2) Des faits assez clairs. En effet, il ne s'agit pas d'un cas isolé comme l'avait compris le journaliste mal informé d'Europe Un, mais d'un échantillon de 21 cas à comparer presque selon la méthode du double aveugle chère aux chercheurs en sciences sociales, avec un autre échantillon comparable et neutre (la section scientifique). Ce genre de situation est rare au naturel.
3) Les parents, pour une fois unanimes, se sont concertés et ont sagement écrit au rectorat. Peut-être aussi au journal (Sud Ouest) mais l'histoire ne le dit pas. En tous cas, ils ont été des parents et des citoyens responsables et respectueux.
4) Le rectorat, malgré les vacances, a réagi rapidement et de façon appropriée. Il montre ainsi qu'il est vraiment à l'écoute et là-encore, contrairement à notre pauvre journaliste, il démontre sa considération et sa compétence.
5) Les media écrits locaux (Sud Ouest) voire nationaux (Le Figaro) qui ont rendu compte du problème l'ont fait de manière précise et mesurée.

Alors ? 
Sans l'arrogance et la bêtise de cet interviewer, grâce à qui  j'ai tout de même été informé (LOL), je constate que malgré un problème encore à clarifier et à traiter, tout le monde a parfaitement fait son travail dans cette affaire jusqu'ici ! Je voulais souligner cette petite bonne nouvelle partielle parce que, grâce aux clichés entretenus par les media, on a l'habitude de considérer les parents d'élèves comme des veaux totalement partiaux, l'administration de l'Education Nationale comme impuissante et les media locaux comme insignifiants. Il est temps que les "grands media centraux" cessent de penser avec des clichés.

Les grands media entretiennent les passions tristes
La seule chose qui semble déplacée ici et c'est d'ailleurs le cas dans bien d'autres affaires plus conséquentes, c'est la "grande" aristocratie médiatique qui attend qu'on lui apporte les sujets, qu'on les lui prépare et qui ensuite ne les lit pas et ne sait même pas en tirer parti sauf pour entretenir les préjugés, le défaitisme et les tenaces passions françaises. En plus, l'évolution de leur audience montre que le public, peu à peu, "consomme" l'information à la demande via le net et prend ses distances par rapport à ces nouveaux féodaux que sont les media traditionnels. Je trouve cela plutôt réconfortant. 

Souhaitons à monsieur Javorsky et au recteur de l'académie de Bordeaux non pas un bon "grand oral", ni que l'un donne à l'autre une "bonne note" et réciproquement, mais que le dialogue constructif amorcé permette de régler intelligemment le problème sous-jacent. Souhaitons surtout que le traitement médiatique du sujet ne vienne pas empêcher les gens compétents et concernés de gérer leurs affaires entre eux.

Comme promis avant cette longue interruption d'été, je vous donnerai bientôt la suite et sans doute la fin du feuilleton sur la douane et je vous parlerai des dernières parutions ACATL.