vendredi 27 juillet 2012

Wan: le Hang musique de l'âme

Après la troisième session de TEdxLaDéfense consacrée à des "ouvertures", nous voulions proposer une dernière session plus introspective appelée "Perspectives". 

Le musicien Wan nous présente ainsi ce curieux instrument:

Voici la vidéo:


Les musiciens sont généralement étonnés des possibilités harmoniques de cet instrument qui est bien plus qu'un simple instrument de percussion. Wan l'utilise également en musicothérapie.

Une approche originale de la musique que Wan a découverte à cause de ses difficultés auditives et des mélodies originales.

Wan vient de gagner le concours de KR magazine.

Retrouvez ses principales mélodies sur son site: http://www.myspace.com/wanpercussion


lundi 23 juillet 2012

Isabelle Raugel: humanisme et profits en action dans les pays émergents

Voici par Isabelle Raugel la onzième intervention de TEDxLaDéfense qui traite des nouveaux modèles proposés par les pays émergents. Elle nous donne une vision pragmatique de l'économie inclusive et une piste de réflexion pour nous-mêmes en Occident.

Quel est son angle de vue ?

Consultante et voyageuse dans les pays émergents, Isabelle nous aide à percevoir les nouveaux modèles d'affaires de ces pays non par analogie avec nos modèles existants mais selon leurs propres contraintes et conditions de possibilité. La clef de son intervention est que ces pays sont obligés d'inventer de nouvelles offres, de nouvelles façons de faire des affaires pour intégrer ces 60% de leur population qui détiennent près de la moitié des revenus mais qui restent individuellement très pauvres. Il nous faut comprendre qu'il s'agit d'une nouvelle forme d'intelligence adaptée à une nouvelle forme d'économie qui se nomme parfois économie inclusive ou économie d'accessibilité.

Voici la vidéo:

Résumé:

1) l'intelligence:

Cette économie nouvelle se caractérise tout d'abord par cet esprit de débrouille qui porte un nom spécifique en sanscrit, "Jugaad" qui s'illustre comme ici à gauche avec cette machine à expresso pas chère et qui fait un très bon café de rue.

 Ceci n'est pas qu'anecdotique et se nomme également "frugal engineering", rappelez-vous à quoi ressemblait le premier aéroplane quand il était construit avec des moyens différents de ceux dont nous disposons ... et pourtant, il en est résulté des innovations déterminantes. Cela donne actuellement par exemple la tablette Akash commercialisée entre 35 et 40 $.

2) la reconnaissance de l'utilisateur:

A la différence du marketing des occidentaux qui capitalise à plaisir dans le désir de l'utilisateur, cette approche reconnaît le véritable besoin de l'utilisateur, voici ci-dessous à quoi ressemble un téléphone "low cost" en Inde.
Il n'est pas du tout "allégé" comme on pourrait le croire, il a même des fonctionnalités spéciales, il fait lampe électrique et les batteries tiennent plus longtemps car les villageois n'ont pas l'électricité, il est multilingue car les communautés le sont etc ... un produit low cost n'est pas un produit "basique", c'est un produit pertinent !
3) les nouvelles alliances:
Un autre ressort de ces nouvelles offres permet de mettre en oeuvre des alliances originales dans un écosystème nouveau (voir les chaines de valeur hybrides d'Arnaud Mourot). C'est par exemple le cas des hôpitaux suivants. Seuls 3,5% des besoins chirurgicaux sont couverts en Inde alors que les hôpitaux n'avaient un taux d'occupation que de 38%. Le Dr Devi Shetty (ci-contre à droite) de Bengalore a donc créé un centre de chirurgie cardiaque intégrant un système de micro-assurance distribué par les coopératives agricoles auprès des paysans qui pour 22 centimes peuvent accéder à 1200 opérations. Le volume induit a permis l'amortissement des équipements, la répétition des gestes et donc leur qualité. Le tout a attiré des patients aisés qui subventionnent en retour l'accès aux soins de la masse pauvre.

30000 lits sont prévus dans les 5 ans et cette chaîne vertueuse a pris naissance sans aucune subvention publique. A la place, on trouve dans ces pays: l'audace, un état d'esprit innovant et la capacité à utiliser d'emblée les infrastructures virtuelles du XXI ème siècle.

4) le "cloud":
Ce même médecin a également créé un important réseau de télé-médecine qui s'est affranchi de la connexion par satellite qu'il a remplacée par ... skype ! Toute la chaîne de valeur se trouve transformée par la capacité à utiliser le savoir faire qui se trouve non plus dans l'hôpital mais dans le "cloud". Ainsi se créent des hôpitaux de chirurgie cardiaque "low cost" connectés de 300 lits en 6 mois pour 6 millions de dollars ce qui est extrêmement peu.

En conclusion:
 De nombreux exemples existent qui sont des cas "d'Humanisme et Profits" en action. Notre vision d'une "redistribution humanitaire" d'un "profit sale" doit être changée. Notre référentiel culturel notamment sur l'innovation n'est plus adapté. En outre, toujours plus de fonctionnalités pour des produits chers destinés à un petit nombre est un modèle qui arrive à son terme. Le moteur de l'innovation, à l'instar de ce que font les émergents, sera probablement plutôt le "low cost"en enlevant deux zéros à nos équations !

Jaimé Lerner
Le problème de l'Occident aujourd'hui, c'est qu'il sort de l'ère de l'abondance et continue à vouloir innover comme pendant l'ère d'abondance alors qu'il lui faudrait trouver comme les émergents un nouveau moteur permettant le partage. Selon le mot de Jaimé Lerner, maire de Curitiba au Brésil, ce sont de nouvelles "équations de co-responsabilité" qui va falloir résoudre.

La première étape du changement à venir est donc un changement d'état d'esprit. De nouvelles chaînes de valeurs, de nouvelles équations de co-responsabilté doivent donc être trouvées au sein de notre société telle qu'elle est avec les entreprises et les partenaires de tous ordres pour que nous innovions dans notre mode d'innovation-même ...

En quoi sommes-nous concernés ?

Ce "talk" ne parle pas seulement des émergents. Il parle de nous, de notre vision de l'avenir ou plutôt du passé. D'immenses opportunités existent pour nous car nous disposons d'énormément de ressources et aussi de freins. Isabelle nous le dit, le partage pour des raisons humanitaires c'est une idée d'hier. Le partage, aujourd'hui dans les pays émergents, et très bientôt chez nous est une nécessité économique !

Je crois que c'est une bonne nouvelle pour l'humanisme car la machine économique comme l'entreprise ne sont pas là pour accomplir une oeuvre morale. Elles sont là pour le profit et si le partage est la condition du profit alors de puissants moteurs économiques viendront seconder les aspirations humanistes. Un changement d'état d'esprit reste à faire qui, lui, n'est pas naturelle car on ne passe pas volontairement d'une logique de l'abondance à celle de la rareté ou de la précarité sans abandonner privilèges et avantages acquis....

C'est l'idée intéressante d'innover sur l'acte d'innover. J'ai envie de retenir cette idée pour l'avenir de notre projet TEDxLaDéfense: "changer de changement" afin que nous puissions dans les faits conjuguer "Humanisme ET profits". Pour cela, il va falloir travailler notre état d'esprit.

Lien:

Retrouvez la plateforme co-créée par Isabelle Raugel sur ces sujets: http://www.ebplab.com/

samedi 21 juillet 2012

Halla Tomasdottir: doing good business to change the world

Voici le troisième film présenté à TEDxLaDéfense juste avant notre onzième intervention sur scène. On y parle de nouvelle finance telle que celle-ci s'est réinventée en Islande à la suite de la crise des subprimes.

Son angle:

Ancienne cadre sup d'entreprises US, Halla était responsable de la CCI de Reykjavik lors de la crise des subprimes qui a emporté et le système financier local et les hommes politiques qui avaient rendus le pays insolvable. Comme le peuple décida de ne pas rembourser des dettes qu'il ne comprenait pas, il a fait table rase. La côte de risque de l'Icelande a sombré ... et une économie plus saine et plus "sérieuse s'est mise en place. Halla et son associée ont décidé de quitter leurs postes respectifs et de créer un fonds d'investissement fondé sur les valeurs de réalisme ... des femmes islandaises.

Voici la vidéo:



Résumé:

Halla et son associée considèrent que la situation catastrophique de leur pays n'était pas seulement la faute des hommes cependant une trop grande uniformité de valeurs et de pensée masculines leur semble en avoir été une des causes majeure. Leur réaction fut donc de repartir de valeurs qu'elles considèrent être les valeurs traditionnelles des femmes de leur pays à savoir:

1) Comprendre les domaines dans lesquels nous investissons (Risk Awareness): qui a compris dans quoi on investissait au plus fort de la crise des subprimes ?

2) Parler vrai et dire les choses comme elles sont avec des mots simples (Straight Talking). (là j'ai bien envie de me souvenir des paroles lénifiantes de Christine Lagarde (qui "dirige" aujourd'hui le FMI) tout au long des crises financières.

3) Capital Emotionnel: en plus de l'analyse financière sur Exel, il faut aussi prendre en compte le facteur émotionnel. Ce sont en effet les gens qui créent de la valeur pas les feuilles de calcul ...

4) Profits et principes: gagner de l'argent en respectant nos principes ce qui implique de définir le mot "profit" plus largement. Les profits ne sont pas seulement les profits financiers du trimestre mais doivent intégrer des bénéfices sociaux et environnementaux à plus long terme.

Voici en quoi cette approche peut changer les choses:


Halla nous fait part de son espoir que le facteur féminin, plus divers et réaliste dans la prise de décision et la révolution verte peuvent être les bases d'une nouvelle économie pour saine et plus respectueuse. En même temps, elle observe à quel point nous nous précipitons à recréer les conditions mêmes de notre échec. Et elle cite la définition de la folie selon Einstein:
"Faire inlassablement les mêmes erreurs en espérant un résultat différent ..."
Elle nous fait part de ses doutes et aussi de la longue histoire des femmes islandaises qui, depuis les vikings, et jusqu'à la première femme islandaise élue présidente, Vigdis Finnbogadottir, ont influencé profondément leurs époques.

En quoi sommes-nous concernés ?

L'Islande est un cas intéressant. Ce fut le premier pays d'Europe frappé par la crise. Il n'a pas du tout fait ce que nous faisons: le déni n'a pas été longtemps tenable, les banques ont été mises au pas, les politiques ont été remplacés et les créanciers internationaux (anglais et néerlandais) n'ont pas été indemnisés. La côte de risque du pays a donc été dégradée, la récession s'est installée et aujoud'hui l'économie repart sur de nouvelles bases ... Probablement n'y-a-t-il aucun rapport avec nous ... l'Islande c'est tout petit et tout froid alors ? Regardons tout de même, on ne sait jamais !

J'accorde en outre un grand intérêt à cette idée que la diversité "écologique" dans les affaires comme ailleurs est plus efficace que la pensée unique. L'approche féminine (que j'aurais plutôt tendance à appeler de "bon sens") de Halla me semble plus efficace pour éviter les crises qui découlent des biais que Georges Soros pointe de son côté dans la prise de décision financière et économique.

C'est moins l'aspect masculin de l'économie financiarisée qui est dénoncé ici que son côté monolithique, borné, entre soi, conforme et panurgique. Cela devrait nous inspirer car nous sommes atteints du même mal dans nos entreprises, dans les rouages de l'Etat, des collectivités locales et des institutions en général. Comme me le disait un élu local il y a peu dans une petite région de France vide et sans imagination: "en effet, la meilleure alliée du changement auquel nous n'arrivons pas à nous résoudre c'est peut-être cette crise qui nous arrive ..."

Au total, j'ai particulièrement aimé la conclusion de ce "talk" qui a été d'ailleurs comme un fil conducteur de notre journée: ras-le-bol d'une pensée qui opposerait le masculin au féminin, une économie "bonne" parce que philanthropique à de "mauvaises" pratiques qui seraient financières. Il faut aboutir à une unité efficace: une économie saine pour tous: "Humanisme ET profits": 
"doing good business to change the world" !
Les liens:

Retrouvez son site ici: Audur
et un article résumé récent des crises islandaises ici: Le Point

vendredi 20 juillet 2012

Arnaud Poissonnier: vers la banque citoyenne universelle

Le dixième intervenant de TEDxLaDéfense vient du monde de la finance et dirige le deuxième site de micro-crédit sur internet de la planète. Il dit lui-même que c'est encore peu et pourtant la croissance est forte et les perspectives sont prometteuses.

Son angle de vue:

Arnaud est un banquier "dissident" et aussi un pragmatique comme souvent l'aiment à le dire les gens qui savent compter ... Il nous fait part de son expérience dans un domaine en forte croissance et porteur de sens:

Voici la vidéo:


Court résumé:

En tant que dirigeant d'une start up démontrant déjà de belles réussites, notre intervenant témoigne de la difficulté de lever des fonds, les ROI attendus sont désormais de 33% ! Le risque économique perçu par les investisseurs les conduit en effet à être plus restrictifs ... enfin surtout quand il s'agit de financer une entreprise qu'elle soit sociale ou classique !

Il commence à nous expliquer qu'il doit son parcours plutôt brillant, à son côté cancre puis à son intérêt pour le micro-crédit rencontré grâce à l'ONG Actaid. Au passage, notons l'anecdote de Mme Karimov qui reçoit quelques centaines d'euros et ... qui est heureuse de remercier. Le lien toujours le lien ...

Le micro-crédit ...:
90% de la population planétaire n'a aucun accès au crédit.
15% en France pour 50% dans les pays pauvres sont les taux d'adhésion à la création d'entreprise.
Le micro-crédit popularisé par M. Yunus permet la création de la petite activité d'auto-subsistance surtout quand on n'a pas possibilité d'être salarié ... Il représente 65 MM$ d'encours en 30 ans et concerne 200 millions de personnes dont 75% de femmes ... Un triplement est tout à fait possible à court terme.

... auprès du grand public:
Les sources de financement du micro-crédit étaient classiques jusqu'à ce que Kiva ait eu l'idée de solliciter le grand public via internet. Au passage Kiva est un des fellows Ashoka ce qui nous renvoie à l'intervention d'Arnaud Mourot. 160 millions de $ ont été levés et prêtés ainsi par des plateformes de micro-crédit comme Kiva ou Babyloan.com avec une moyenne de 200$ par prêt. Ce représente un quart de pourcent de l'encours mondial du micro-crédit. Kiva se préoccupe moins de la faiblesse actuelle de leur encours que de l'effet réseau à déclencher ... un modèle à la Facebook !

Le micro-crédit est une des briques de la finance d'un possible nouveau monde. Une brique qui double de taille tous les 18 mois et qui s'appuie sur les nouveaux modèles que permettent l'internet en bypassant la banque traditionnelle qui de toutes façon délaisse 90% du marché planétaire disponible. C'est ce qu'Arnaud nomme la Banque Citoyenne Universelle qui, en plus, rend les bénéficiaires plus heureux !
Image tirée du site de Babyloan.com
 En quoi sommes-nous concernés ?

Tout d'abord, si vous désirez réaliser de petits investissements rémunérés et utiles, voilà une piste citoyenne. Sachez au passage que le taux de défaut du micro-crédit est plus faible que celui des prêts bancaires classiques ... plutôt sympathique à savoir par les temps qui courent ... en attendant les premiers défauts de nos banques bien établies.

Ensuite, pour les jeunes "nantis" nourris aux réseaux sociaux et désireux de participer à des actions de développement, voici un véhicule à étudier.

Enfin, votre entreprise ou votre collectivité locale peuvent s'associer à une plateforme comme celle-ci pour développer un engagement citoyen de ses cadres et employés ou un système "glocal" de co-financement. En effet, une entreprise qui souhaiterait promouvoir des actions réellement citoyennes et solidaires peut se rapprocher de Babyloan et monter ses propres actions. Et dans l'autre sens, pourquoi financer des projets seulement loin de chez nous. Babyloan peut également s'appuyer sur une ONG locale en France pour favoriser des investissements dans des projets dans tel ou tel territoire français qui en aurait besoin .... c'est toujours ce qu'elle fait à Manille ou Arusha ...

Retrouvez son blog: http://blog.lefigaro.fr/babyloan/arnaud-poissonnier.html
et le site de Babyloan: http://www.babyloan.org/fr/

La goutte d'eau dans un océan bleu:

Lorsque nous avons préparé ce "talk", Arnaud m'a parlé de cette image de l'océan bleu par opposition à l'océan rouge. Le premier symbolise le monde nouveau, à créer. Le rouge c'est celui, surpeuplé, de l'hyper-compétition. Alors, le choix de cet ancien grand banquier a été d'aller nager dans les eaux où personne ne va. 90% de la population n'a pas accès à la banque et cela veut-il dire que cette humanité-là ne pourrait pas faire bon usage d'un peu de cash ? Or pour ces démunis, il n'y avait pas d'offre. Le micro-crédit est une goutte d'eau dans la finance mondiale et le micro-crédit via le net est une goutte d'eau dans la goutte d'eau. Mais c'est de l'eau bleue, le champ est libre ... Les perspectives de croissances sont énormes.

Il s'agit d'une brique, là-encore, une solution à côté de quelques autres qui commencent à nous faire imaginer qu'une autre croissance est non seulement possible mais absolument nécessaire. Il s'agit aussi d'une illustration de ce que peut être l'économie "inclusive" c'est-à-dire s'intéressant à inclure les plus pauvres. Là, le saut quantique est permis par l'internet qui relie directement les emprunteurs via les ONG locales et le citoyen-investisseur. Nous verrons avec la prochaine conférence, celle d'Isabelle Raugel, d'autres illustrations et surtout qu'il s'agit probablement du surgissement d'une autre forme de Business Models.

dimanche 15 juillet 2012

Arnaud Mourot: Les chaînes de valeur hybrides

Notre neuvième intervention de TEDxLaDéfense nous fait entrer directement dans le monde des entrepreneurs sociaux. Arnaud Mourot dirige Ashoka pour l'Europe francophone et également l'ONG Sports sans frontières.

Son angle:

Arnaud est dirigeant d'ONG, entrepreneur social et ancien sportif de haut niveau. Il finance le développement de projets d'entrepreneuriat social se présentant comme capital investisseur philanthropique.


Eléments clefs présentés:

Rôle d'Ashoka: historiquement il s'agissait de financer des projets d'entreprises sociales dans des pays comme l'Inde, le Brésil ... Que faire en France où l'on considère que ces "débutances" doivent être aidées par le régalien et non par la société civile ? Il fallait essayer en trouvant un premier entrepreneur.

Site de SIEL Bleu
Le tout premier entrepreneur en France: en 1997 à Strasbourg,  Jean-Daniel Muller et Jean-Michel Ricard veulent s'occuper des personnes âgées, développer les activités physiques des seniors pour les sortir de situations de dépendances ... SIEL Bleu fait économiser des milliards à la Société par la prévention des chutes des personnes âgées. Cette ONG compte désormais 300 personnes, touche 80000 personnes par semaine et divise par 2 ou 3 le risque de fractures. Appliqué à la réduction des fractures et au diabète de type 2, Arnaud nous dit qu'une étude évalue à 56 milliards l'économie en 9 ans que permet ce modèle ...

La question qui se pose aujourd'hui: alors que ce type d'accompagnement aide peut-être 200 ou 300 millions de personnes dans le monde (la cible est de 4 milliards), comment accélérer le processus ? Comment aussi permettre aux entrepreneurs sociaux de franchir les plafonds de verre et d'atteindre la taille que leur modèle permet ? Un besoin immense reste encore à servir:

Slide d'Ashoka tirée de la présentation d'Arnaud

Le levier, c'est le business: différents leviers existent, Arnaud choisit de mettre l'accent sur celui du "Business" car c'est là que se trouvent les process, les moyens. Il faut combler le vide entre l'univers des entrepreneurs sociaux qui savent adresser tous ces "nouveaux clients" et le "Business" qui en a les moyens. Car il s'agit de voir ces publics comme des clients et non comme des assistés et leur proposer des offres adaptées: c'est l'idée de l'hybridation des chaînes de valeur:

Slide d'Ashoka tirée de la présentation d'Arnaud

En quoi sommes-nous concernés ?

Arnaud n'a pas besoin d'être paraphrasé. Le besoin est là, le phénomène de convergence est amorcé. Il s'agit de l'accélérer car le temps qui nous reste est court. Le monde de l'entreprise n'est pas celui d'une morale ou d'une sensibilité humaine. Il est celui de l'action.

Nous avons l'opportunité véritable de faire converger "humanisme" et "profits", c'est-à-dire tout simplement réorganiser les priorités du monde économique en tenant compte des besoins de la société (globale qui plus est) non pas parce que c'est seulement "bien" mais parce que c'est ce qu'il faut faire: le marché existe et le savoir-faire et les moyens pour répondre à ses besoins existe .... Ou nous avons aussi le choix de gloser sur les vieilles lunes ou nos privilèges amoindris....

Voici, en tous cas, un message fort et clair en faveur à la fois des plus démunis ET des entrepreneurs.

mardi 10 juillet 2012

Joe Smith: du bon usage de l'essuie mains à TEDxLaDefense

Dans un TEDx, il y a aussi des vidéos  TED. A TEDxLaDéfense, après la pause, nous avons projeté cette vidéo de Joe Smith prise à TEDxConcordiaUPortland.

Vous allez comprendre pourquoi après la pause ... En fait nous aurions probablement dû la passer avant !

La voici:


Son angle ?

Joe Smith a été "District Attorney", c'est-à-dire Procureur de la République. C'est lui qui était responsable de poursuivre les crimes dans son district pour le compte du ministère public. Cela ne le prédisposait pas à son sujet: du bon usage de l'essuie mains à moins qu'il ne s'agisse d'une résurgence de l'attitude de Ponce Pilate !

Pourtant, c'est bien la cause qu'il défend ici !

Résumé:

Secouez douze fois, prenez une feuille, pliez, c'est sec et les économies pour la planète sont importantes !

Histoire de traduction:

Nous avions envie d'une vidéo amusante tout en restant sérieuse. Elle nous a plu bien que ne faisant pas une référence directe au sujet du jour: "Humanisme et Profits". Alors go ... Seulement nous avons réalisé le jour de l'événement qu'il n'existait même pas de sous-titres traduits en français ... Dommage pour un TEDx qui se voulait francophone. Alors j'ai improvisé sur scène une traduction mimée: "shake, fold, dry" est devenu: secouez, pliez, c'est sec ! 

En quoi sommes-nous concernés ?

Rares sont les sujets qui nous concernent plus que celui-ci ! 

Au passage, il n'est pas si éloigné de nos thèmes car en effet, voici un moyen d'agir concrètement, immédiatement de là où l'on en application du premier principe de Management Ethique dont nous avait parlé Stéphanie Boulay deux talks avant.

Et il annonce pour l'an prochain un autre sujet: du bon usage du papier toilette ! Vu l'impact de ce talk, ça promet !!!!

Geneviève Bouché: scenario pour le futur

Le huitième sujet de TEDxLaDéfense ouvrait deux nouvelles sessions consacrées aux "convergences" et aux "perspectives". Geneviève étant futurologue, il s'agit de se projeter dans le temps. Nous lui avons demandé de résumer quelques éléments saillants d'un scénario possible pour les 30 ans à venir. 

L'angle de la prospective:

En préparant avec Geneviève ce sujet, j'ai en effet appris que la futurologie travaille à 30 ans. On peut s'en étonner quand on sait qu'une génération au sens des affaires dans les pays émergents dure 10 à 15 ans et que dire du temps internet ou des changements technologiques affectant les microprocesseurs ?

Cela dit, ce dont il sera question dans ce sujet concerne plutôt le temps de la Société et celui que prennent en compte les équipes programmatiques des partis politiques ... un temps long !

Voici la vidéo:



En résumé:

Le scénario proposé marque en réalité un changement de paradigme peut-être de civilisation. Il touche au plus profond et au plus terre à terre des activités humaines: produire, vivre ensemble pour renouveler l'espèce et découvrir le monde pour le dominer et/ou mieux le comprendre.

Or Produire est un acte dont la nature a changé. L'industrialisation a permis de produire en se servant de ressources distantes générant un surplus massif et des échanges conduisant à capter la richesse de l'autre ou à sa mise en dépendance. Cela a classiquement mis en jeu du Capital et des Hommes et des organisations  d'inspiration militaire...

La mondialisation consacre cette tendance en y ajoutant la complexité. Aux facteurs Capital et Travail s'ajoute le Réseau. Le tout est générateur de fortes tensions, de souffrances et d'inefficacité et nécessite l'apparition de nouveaux modèles.

L'entreprise en réseau, de taille moyenne, plus adaptable devient un nouveau modèle. La formule du salariat est remise en cause, le contributeur entend suivre un parcours de vie où il pourra produire, apprendre, transmettre et innover ... La consommation elle-même ne se centre plus sur la possession mais sur l'accès aux fonctionnalités ...

Le modèle sociétal se dessine autour du noyau central de la famille avec un secteur marchand aujourd'hui dominant, un secteur régalien qui encadre et régule, un secteur du "vivre ensemble" (culturel, religieux etc ...) et un nouveau secteur du pré-marchand.

Vivre ensemble et pré-marchand forment le terreau des autres secteurs appelés "factuels". Le terreau nourrit le factuel alors que se pose aujourd'hui le problème du financement du terreau par les secteurs "factuels". L'Etat n'a plus les moyens et le régalien est devenu un mille feuille invraisemblable (cela c'est moi qui le dit) et ce n'est pas le rôle du secteur marchand, alors ?

Les pistes de travail:

Geneviève met en avant dans cette conférence trois axes de travail (mais elle en a beaucoup plus ...):

1) Les monnaies complémentaires décrites par Etienne Hayem sont une piste qui souffre selon Geneviève d'être efficaces pour un trop petit nombre de gens ou d'être trop peu soutenues quand elles s'attaquent à des communautés ou des situations plus larges et plus diverses. Elles restent une piste d'intérêt à condition d'être développées.

2) Le revenu de base: il s'agit de reconnaître une situation de fait; une partie importante des populations perçoit un revenu sans que lui soit demandé un "travail" (en tant qu'administrateur d'une CAF, je confirme) seulement, pour cela, plus d'une centaine d'organismes divers est mobilisée (selon moi dans la plus parfaite inefficience économique). Ce revenu de base permettrait à la fois une nette rationalisation, des parcours de vie féconds et le développement du terreau indiqué précédemment. Il viendra soutenir les talents émergents, moteur des affrontements "en réseau" déjà vifs.

3) Les débutances: il s'agit de l'inverse de la finance qui cherche un emploi rentable à des fonds excédentaires. Les débutances recherchent les moyens incontournables d'activités innovantes ou émergentes. On retrouve là l'échec plus ou moins marqué des sociétés européennes à se renouveler, à innover dans des activités dont on ne peut pas toujours prédire la fin marchande. Si vous ne me croyez pas demandez-vous pourquoi Google, Facebook ou même l'artiste JR sont "américains" et rappelez-vous ce que nous disait Jean-David Haddad du rôle de la Bourse.

En quoi sommes-nous concernés ?

Bon, j'entends déjà ceux qui trouvent inutile de se projeter à 30 ans ... pour ma part, je trouve ces questions fort actuelles !

On me dira: "mais ce n'est pas concret" ... Mario Capraro est concret, il tue des banquiers mais il écrit des romans. Geneviève n'écrit pas de romans, elle fait de la prospective pour les comités qui préparent les programmes de certains partis politiques ... A ce stade, il nous a semblé utile de signaler que peu à peu semble se dessiner un cadre possible qu'il faudra sans doute compléter ... et vous verrez que les prochains articles le feront.

Alors que retenir ? Pour ma part, j'ai déjà dit mon intérêt pour les monnaies complémentaires. Je suis plus réticent sur le revenu de base ... pourtant, je crois qu'il faudrait regarder les choses de façon pragmatique comme dans certains pays nordiques parce que pendant le temps que nous passerons à nous demander s'il s'agit d'une mesure Marxiste ou Trotskiste (ni l'une, ni l'autre en fait), nous risquons de ne pas avoir regroupé, supprimé, réorganisé les organismes qui le font déjà et pas de la façon la plus juste, ni la plus efficiente ... Regardez le temps qu'il a fallu pour regrouper ANPE et Assedic. Et pour quelle amélioration notable de la productivité de Pôle Emploi ?

Il reste les débutances. Là se trouve un enjeu de société et d'efficacité à situer dans ce qui est aujourd'hui disséminé dans le milieu associatif, dans les pépinères d'entreprises, dans les universités, dans les pôles de compétitivitén dans des programmes de développement territorial avec des financements européens ou régionaux à l'efficience à mseurer, dans la TPE (très petite entreprise) qui vit chichement, dans le culturel voire au sein de la famille. Partout et nulle part, pour moi c'est un sujet d'avenir absolument central dont les intervenants suivant diront également un mot selon leurs angles respectifs.

Pour aller plus loin voici le dernier ouvrage de Geneviève que vous pouvez télécharger gratuitement ici: http://www.vitacogita.fr/fr/ebook/2800000000790/mieux-que-la-r%C3%A9industrialisation
ainsi que son site internet: http://www.genevieve-b.fr/